La question de l’homme dans l’argumentation du XVIe au XVIIIe siècle

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Classe(s) : 1re ES - 1re L - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : La question de l'homme dans les genres de l'argumentation
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La question de l’homme dans l’argumentation du XVIe au XVIIIe siècle

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Les choix argumentatifs ne sont pas liés au hasard. Ils dépendent de ce que l’on veut dire, du public auquel on s’adresse, et plus largement du contexte dans lequel naissent les idées que l’on a à défendre, à expliciter, à explorer.

1Au XVIe siècle

 La forme de l’essai telle que la définit Montaigne correspond bien à son scepticisme, à sa conception d’un savoir en construction qui va chercher ses racines dans la culture de l’Antiquité mais qui s’ouvre aussi aux autres mondes que le siècle découvre. L’homme n’est pas un être figé, pourquoi alors devrait-on en figer l’écriture ?

 L’humanisme se définit aussi par le partage des valeurs et des connaissances entre les hommes. C’est un mouvement européen (>fiche41). C’est alors par les lettres que les humanistes réfléchissent ensemble à ce nouvel homme qu’ils cherchent à construire. La correspondance d’Érasme en est un exemple.

 L’utopie (Rabelais, Thomas More>fiche36) permet, par le récit, de tester les conceptions de l’éducation, du rapport à la religion, au pouvoir, thématiques au centre des débats humanistes (>fiche43).

 La poésie peut être aussi utilisée à des fins argumentatives. Songe de du Bellay met en scène la décadence de Rome et de ses valeurs, la fragilité du monde et du pouvoir par rapport au seul recours absolu, Dieu. Ronsard, dans le Discours des misères de ce temps, prend position dans le conflit des guerres de religion en s’adressant au roi et à la reine.

2Au XVIIe siècle

 Le xviie siècle oscille entre deux pôles, la conscience baroque de l’instabilité du monde, et la revendication par l’homme de sa maîtrise de celui-ci. La place de l’homme dans le monde est l’enjeu des débats.

 L’argumentation directe peut prendre la forme du discours, défini ainsi par Descartes (1637) : « Je ne mets pas Traité de la méthode mais Discours de la méthode, pour montrer que je n’ai pas dessein de l’enseigner, mais seulement d’en parler. »

 Elle peut prendre une forme plus discontinue: les Pensées de Pascal.

 Les sermons de Bossuet (Sermon sur la mort, Sermon sur l’ambition) rappellent à l’homme sa petitesse face à la grandeur de Dieu.

 Le xviie siècle est aussi l’époque des grands moralistes, qui traitent de l’homme social, de l’honnête homme(>fiche7).

– La Rochefoucauld (Maximes) privilégie les formes brèves. C’est au lecteur, ou à l’interlocuteur d’en développer l’argumentation.

– La Bruyère (Les Caractères) emprunte une forme de l’argumentation indirecte pour dénoncer les défauts des hommes : le portrait satirique.

3Au XVIIIe siècle

 Pour instaurer le règne de la raison et diffuser les connaissances, les philosophes des Lumières vont explorer toutes les formes de l’argumentation.

 La forme de l’essai est employée par Montesquieu (De l’esprit des lois). Dans l’Encyclopédie, les auteurs rédigent des articles où ils défendent leurs conceptions de l’homme, de la science, etc. ­Rousseau se fait connaître par ses Discours. Voltaire publie son Dictionnaire philosophique.

 Les mêmes auteurs empruntent les formes de l’apologue (contes philosophiques de Voltaire) ou de la correspondance fictive (Lettres persanes de Montesquieu). Ils passent aussi par une écriture plus autobiographique (Rêveries du promeneur solitaire de Rousseau), ou jouent sur les limites entre réel et fictif dans des formes dialoguées (Supplément au voyage de Bougainville de Diderot).

 On retrouve l’utopie sous une forme plus critique qu’au xvie siècle (Voltaire, Montesquieu).

Conclure

Au cours de ces trois siècles, le monde et l’idée que l’homme se fait de la place qu’il y occupe connaissent de grandes transformations. Nous pouvons en lire l’histoire dans la grande diversité des genres de l’argumentation.

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