La question de l’homme dans les genres de l’argumentation

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Classe(s) : 1re ES - 1re L - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : La question de l'homme dans les genres de l'argumentation
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La question de l’homme dans les genres de l’argumentation

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Récap’ express

Les charmes de l’argumentation indirecte

[…] et il s’épargna la peine de composer un long traité sur le beau.

Voltaire, Dictionnaire philosophique, 1764.

Le moyen d’ennuyer est de vouloir tout dire.

Voltaire

Voltaire oppose l’argumentation directe, le long traité qui semble connoté par l’ennui (à écrire et à lire), à l’argumentation indirecte, qui serait du côté de la brièveté et du plaisir (de l’auteur et du lecteur).

Je vous offre la traduction d’un livre d’un ancien sage qui, ayant le bonheur de n’avoir rien à faire, en celui de s’amuser à écrire l’histoire de Zadig, ouvrage qui dit plus qu’il ne semble dire.

Voltaire, « Épître dédicatoire de Zadig à la sultane Sheraa », Zadig, 1747.

Voltaire définit le conte philosophique dont le lecteur idéal aurait « un petit fond de philosophie », ce qui lui permettrait de comprendre ce « plus » que dit le conte et qui définit toute argumentation indirecte.

Les charmes de l’argumentation directe

J’aime je l’avoue ces sortes de livres […] vous n’y êtes pas serviteur, ni maître ; vous pouvez le traiter comme un journal ; en effet, c’est le journal d’un esprit […] il est varié ; d’une page à l’autre vous passez de la Renaissance au xixe siècle, de l’Inde à l’Angleterre. Cette diversité surprend et plaît.

Hippolyte Taine, Essais de critique et d’histoire, 1858.

Taine nous rappelle ici que l’essai, genre multiple et finalement difficile à délimiter, est loin d’être toujours écrit sous une forme didactique et difficile d’accès.

Le jeu avec l’implicite

On ne parle pas toujours directement. Certains vont même jusqu’à dire qu’on ne parle jamais directement ; qu’« Il fait chaud ici » ne signifie jamais qu’il fait chaud ici.

Catherine Kerbrat-Orecchioni, L’Implicite, 1998.

Toute lecture joue sur l’implicite. En effet, l’expression « il fait chaud » peut signifier qu’il faudrait ouvrir la fenêtre, ou qu’on serait mieux ailleurs, par exemple. Si on applique ce point de vue à l’argumentation, on se rend compte que quelle que soit la forme de l’argumentation, directe ou indirecte, il restera toujours au lecteur à en construire le sens.

La dimension littéraire de l’argumentation

Parce que vous êtes grand seigneur, vous vous croyez un grand génie !… Noblesse, fortune, un rang, des places, tout cela rend si fier ! Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître et rien de plus.

Pierre-Augustin de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, V, 3, 1784.

Finalement, c’est la dimension littéraire de l’argumentation qui la rend efficace. Chaque auteur invente sa propre forme qui associe expression, contenu et création. C’est cette mise en mots qui lui donne force et crée l’impact sur le lecteur.

L’argumentation et la question de l’homme

Quand on veut étudier les hommes, il faut regarder près de soi ; mais pour étudier l’homme, il faut apprendre à porter sa vue au loin ; il faut d’abord observer les différences pour découvrir les propriétés.

Jean-Jacques Rousseau, Essai sur l’origine des langues, 1781.

Rousseau propose ici une méthode, détacher l’étude de l’individu qui la fait, et un but, à travers les différences chercher les caractéristiques fondamentales de tout homme. Ce programme est réalisé par un anthropologue comme Lévi-Strauss.

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