La religion

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Classe(s) : Tle ES - Tle L - Tle S | Thème(s) : La religion

1 Diversité des religions

La religion : croyances et rites

La religion (du latin religare ou religere : relier ou rassembler) désigne à la fois un ensemble de croyances communes qui unit l’assemblée des fidèles à une divinité, et l’ensemble des rites et cérémonies par lesquels s’établit la relation entre le croyant et le divin.

évolution théorique des religions

Auguste Comte évoque l’existence passée d’un « État théologique » comme première tentative, par l’humanité, pour expliquer les phénomènes de la nature. Cet État s’est réalisé en trois temps : l’animisme affirme la présence de nombreux « esprits » dans la nature ; le polythéisme ultérieur rassemble sur plusieurs dieux la responsabilité des événements ; enfin, le monothéisme conçoit un Dieu unique, créateur de tout ce qui existe, et dès lors doté d’une puissance infinie. Cette « succession » reste théorique : subsistent aujourd’hui des croyances totémiques correspondant à l’animisme et le monothéisme chrétien n’a que très lentement remplacé le polythéisme antique, après une période de mélange.

Sacré et profane

Ce qui paraît toutefois constituer le fonds commun de toutes les attitudes religieuses, c’est la distinction entre l’univers sacré et le monde profane. Le sacré, simultanément attirant et terrifiant (les forces qui s’y trouvent en jeu excèdent les possibilités humaines), représente un espace de violence, et y accéder suppose le respect de règles strictes (du sacrifice ancien aux cérémonies de l’Église), alors que le profane – monde ordinaire de l’homme, de son travail et de sa culture – apparaît plus paisible, mais insuffisant et déchiré périodiquement par le besoin d’un contact avec le sacré.

2 Religion et philosophie

Les « preuves » de Dieu

La théologie fait son apparition avec Aristote, qui élabore la première argumentation permettant d’affirmer l’existence d’un « dieu », défini comme « premier moteur immobile », c’est-à-dire source des mouvements (les modalités du devenir) constatés dans la nature. Dans la scolastique du Moyen Âge, l’argumentation est déclinée par saint Thomas d’Aquin en cinq « voies » vers Dieu.

C’est avec le christianisme que la philosophie a dû entretenir des relations complexes. Au xie siècle, saint Anselme entend montrer dans son Proslogium que l’affirmation de Dieu est la seule attitude compatible avec l’exercice de la raison. Dans ce contexte, la philosophie est la « servante de la théologie » (saint Thomas). Ultérieurement, Descartes affirme l’autonomie de la raison, qui trouve ses vérités tandis que la foi concerne le salut de l’âme. C’est donc en scrutant les idées présentes dans la raison (l’idée d’un être parfait) qu’il conçoit son argument « ontologique » – au terme duquel Dieu peut être compris comme susceptible d’aider la raison à construire le vrai.

Incompatibilité des deux domaines

  • Au xviiie siècle, les preuves philosophiques de l’existence de Dieu sont contestées. Kant montre que la preuve ontologique ne devrait affirmer que la seule possibilité de Dieu.
  • Avant lui, Hume s’en est pris aux arguments de la théologie « naturelle » : elle prétend déduire l’existence de Dieu de considérations sur le monde, sans jamais recourir aux vérités révélées, mais condamne la raison à de fausses argumentations. Hume suggère que la philosophie ne devrait pas s’occuper de prouver Dieu, dont le concept « unique en son genre » (ce qui est logiquement irrecevable : tout genre rassemble une pluralité d’exemplaires) condamne à mal raisonner à son propos.

3 Spécificité de l’expérience religieuse

La croyance néglige les preuves…

Il existe dans la foi des « vérités » (les dogmes interdits d’examen, les mystères par nature incompréhensibles) qui supposent un dépassement de l’examen rationnel. Même si les philosophes parvenaient à démontrer l’existence de Dieu, il ne saurait être confondu avec le « Dieu sensible au cœur » (Pascal) des croyants. L’expérience religieuse authentique suppose une conviction intime, qui ne se soucie aucunement, comme l’affirme Kierkegaard, du jeu mondain des « preuves ».

… et reste insensible aux critiques

Les rationalisations de la croyance, tentées par Nietzsche, Marx ou Freud, ne peuvent entamer la foi. Admettre que l’attitude religieuse implique une négation des pulsions de vie, qu’elle ne témoigne que d’une misère matérielle ou qu’elle révèle une attitude névrotique, participe d’une critique de la religion comme institution, mais ne touche pas l’expérience individuelle – effusion vers une transcendance ou sentiment de se confondre avec le divin lui-même, qui permet d’oublier la finitude de l’existence humaine.