La révolution islamique d’Iran et le rejet du modèle occidental

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Classe(s) : Tle Générale | Thème(s) : Les remises en cause économiques, politiques et sociales des années 1970 à 1991


En 1979, une révolution inspirée par l’ayatollah Khomeiny renverse le régime du shah. Elle entraîne la mise en place d’une république islamique. De 1980 à 1988, la guerre contre l’Irak consolide le régime et permet l’affirmation de la puissance régionale de l’Iran.

I D’un empire à une république islamique

1 Le régime du shah

Shah d’Iran depuis 1941, Mohammad Reza mène de nombreuses réformes à partir de 1962 : il modernise l’économie grâce aux revenus pétroliers ; il transforme la société sur le modèle occidental. Ces réformes creusent les inégalités sociales et mécontentent le clergé chiite, hostile aux valeurs libérales.

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Le shah est le monarque qui dirige l’Iran.

Par ailleurs, le shah impose un régime autoritaire qui réprime les opposants et pratique la censure. La puissante police politique, la Savak, en est le symbole.

De plus, face à l’Union soviétique, le shah s’affiche comme un fidèle allié des États-Unis. Le président américain Jimmy Carter, en fonction à partir de 1977, pourtant défenseur des droits de l’homme, le soutient sans réserve.

2 L’effondrement du régime

En 1978, les opposants au régime manifestent dans tout le pays pour réclamer des élections libres, la libération des prisonniers politiques et l’abdication du shah. Le clergé chiite prend la tête de la contestation.

De son exil français, l’ayatollah Khomeiny, opposant de longue date du régime, diffuse ses idées en faveur de l’instauration d’un régime dirigé par le clergé.

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Ayatollah est un titre honorifique donné aux principaux chefs chiites, reconnus pour leur connaissance de l’islam et leur autorité morale.

Malgré la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition sociale-démocrate, Chapour Bakhtiar, le shah est contraint à l’exil en janvier 1979. Après un retour triomphal le 1er février, Khomeiny instaure par référendum une république islamique en avril 1979.

II Une puissance régionale

1 Une théocratie

L’ayatollah fait rédiger une nouvelle Constitution qu’il fait approuver par référendum en décembre 1979. Il prend le titre de Guide suprême de la révolution.

Le nouveau régime est une théocratie : Khomeiny, chef politique et religieux, est la clef de voûte des institutions. Sous son autorité, le pouvoir exécutif est confié au président de la République élu au suffrage universel.

Mot clé

Une théocratie est un régime politique dans lequel le pouvoir est détenu par des religieux.

Le régime rejette les valeurs occidentales (liberté, égalité, laïcité) en estimant que seules les lois divines doivent régir la société.

2 L’affirmation d’une puissance régionale

Du 4 novembre 1979 au 20 janvier 1981, soit 444 jours, des étudiants prennent en otage 56 diplomates de l’ambassade américaine à Téhéran, avec l’approbation de Khomeiny. Fortement médiatisée, cette prise d’otages est l’expression de l’opposition du régime à l’impérialisme des États-Unis, (le Grand Satan).

En 1980, l’Irak dirigé par Saddam Hussein attaque l’Iran, avec le soutien des puissances occidentales. D’abord sur la défensive, l’Iran contre-attaque et résiste durant huit ans. En 1988, un cessez-le-feu met fin à un conflit qui a coûté la vie à plus d’un million de personnes. Cependant, la guerre renforce la légitimité du régime, qui se présente comme défenseur de la souveraineté nationale.

Le régime tente d’exporter la révolution islamique dans les territoires où le chiisme est bien implanté (Irak, Liban). Ainsi, l’Iran soutient le Hezbollah libanais dans sa lutte contre l’État d’Israël.

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La Constitution iranienne de 1979

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La Constitution de 1979 instaure un régime dual, mêlant aspects démocratiques et théocratiques. En effet, la souveraineté nationale est garantie par le suffrage universel direct ; les pouvoirs sont séparés ; le chef de l’État est élu pour une durée limitée. Cependant, les institutions sont sous surveillance des religieux.