La solidarité

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Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Intégration, conflit, changement social
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La solidarité

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Quels sont les fondements et les facteurs de fragilisation du lien social dans nos sociétés ?

1Les fondements de la solidarité selon Durkheim

ALe lien social

 Pour le sociologue Émile Durkheim (1858-1917), les hommes ont besoin de règles pour vivre en société, car elles sont indispensables à leur intégration sociale. Ces règles, désignées par les termes de normes et de valeurs, sont contraignantes, mais permettent la solidarité sociale. Le lien social est constitué des relations directes entre les individus, mais repose aussi sur l’appartenance et l’affiliation à une culture commune.


citation « La conscience collective est l’ensemble des croyances et des sentiments communs à la moyenne des membres d’une société. » É. Durkheim, 1996

 Ainsi, la société unit ses membres en leur permettant d’être en relation les uns avec les autres et de partager des buts communs : c’est la cohésion sociale. Les membres d’une société partagent aussi une conscience collective.

BLes deux formes de solidarité sociale

Durkheim distingue deux formes de solidarité qui caractérisent les sociétés traditionnelles et modernes (>dépliant,V).

 La solidarité mécanique, qui repose sur la similitude, est caractéristique des sociétés traditionnelles : tous les individus exercent les mêmes tâches, seule la différenciation des sexes est marquée. Il y a une forte conscience collective, car la façon de penser de l’individu et celle du groupe sont confondues. Se différencier des autres mettrait en danger la collectivité, c’est pourquoi le droit est répressif.

 La solidarité organique est caractéristique des sociétés modernes : la division du travail rend les hommes complémentaires et donc solidaires, comme les organes du corps humain. Les individus sont plus autonomes et doivent se plier à certaines exigences pour participer à la vie sociale. Dans les sociétés modernes, le droit est restitutif : on remet les choses en l’état en utilisant la réprobation et la sanction en cas de violation des règles sociales.

2Les facteurs de fragilisation du lien social

ALa montée de l’individualisme

 Au sens sociologique, l’individualisme désigne l’émancipation de l’individu vis-à-vis des contraintes collectives.

 L’individualisme peut s’envisager de deux façons.

  • Une forme particulariste : principe du chacun pour soi et de l’égoïsme, qui menace le lien social ; le recul du syndicalisme peut, par exemple, être lié en partie à une forme d’individualisme ; on ne croit plus à la force de l’action collective.
  • Une forme universaliste : autonomie de l’individu qui choisit ses liens sociaux en les rendant plus solides ; on constate, par exemple, une plus grande liberté de choix dans les relations familiales.

BL’anomie ou le dérèglement social

 L’anomie désigne une insuffisance de règles sociales qui désoriente les individus dans leurs conduites et leurs relations. Le progrès technique et le changement social en constituent les deux causes principales. Par exemple, la forte augmentation du nombre de divorces a bouleversé les règles familiales et a entraîné une perte de repères. Le lien social peut donc être fragilisé par l’anomie.

 Il n’y a pas de société sans déviance (transgression de normes qui fait l’objet d’une sanction), mais son augmentation est l’expression d’une société qui a de plus en plus de mal à intégrer ses membres. De ce fait, la cohésion sociale est menacée. La déviance exprime souvent un appel à l’intégration de la part de personnes qui se sentent rejetées. Les manifestations des « Indignés » en Espagne en sont un exemple.

Conclure

Analyser les fondements de la solidarité nous amène à préciser la nature des liens qui unissent les individus au sein d’une société et à montrer les facteurs qui la fragilisent.

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