La vérité


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Classe(s) : Tle ES - Tle L - Tle S | Thème(s) : La vérité
Corpus Corpus 1
La vérité
séries L•ES•S

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L’esprit est avide de vérités. Mais comment les construire et les distinguer de simples opinions ?

1Vérité, réalité et jugement

ALa vérité qualifie un jugement et non un fait

Lorsque je dis « Il pleut », je dis vrai si, au moment où je parle, la pluie tombe effectivement : il y a donc accord entre l’expérience et le langage. La vérité qualifie mon jugement, non la pluie.

La chose n’est pas vraie ou fausse : elle est ou n’est pas. Si je dis « Il ne pleut pas » alors que la pluie tombe, celle-ci ne s’interrompt pas et c’est bien mon jugement qui est faux.

BLa vérité relève du langage

La vérité étant une valeur, elle ne peut en effet appartenir aux choses. Ces choses n’acquièrent de valeur qu’en raison d’un projet formé à leur égard.

La vérité relève donc du langage, c’est-à-dire de la façon dont l’esprit rend compte de son rapport aux choses.

2Vérité formelle, vérité matérielle

ATout discours a une forme

En logique classique, le principe de non-contradiction m’interdit de formuler simultanément et à propos du même objet une affirmation et sa négation.

Pour dire vrai, il faut donc respecter les règles de la logique, et ce sont les seules à considérer dans les discours qui n’évoquent pas d’objets – par exemple en mathématiques.

La vérité est alors qualifiée de formelle : elle ne s’intéresse qu’à la forme du discours, à sa cohérence interne.

BMais le discours peut avoir aussi un contenu

Lorsque le langage évoque les choses du monde, il faut garantir que les termes ou symboles utilisés sont adaptés à ce que je saisis du monde : on se préoccupe alors de la vérité matérielle ou empirique.

Aux exigences de forme s’ajoutent celles concernant le « contenu » du langage.

C’est le cas dans toutes les sciences, étant admis depuis Kant que leur discours vise, non les choses en elles-mêmes, mais bien ce qui nous en apparaît (les phénomènes).

3Des vérités non scientifiques

ALa science ne répond pas à tout

Si notre connaissance est déterminée par la structure de notre esprit (Kant), le domaine de la pensée reste ouvert au-delà. Cette pensée, dépassant l’expérience, doit élaborer la métaphysique, puisqu’elle n’est constituée que d’idées pures.

Le scientisme – aujourd’hui récusé – affirmait que la science est le seul discours qui puisse nous fournir des vérités. On peut à l’inverse admettre qu’une place soit réservée pour d’autres vérités : morales, religieuses ou métaphysiques.

BOpinions et dignité de la pensée

Pour être respectables, ces vérités non scientifiques ne peuvent être de simples opinions, injustifiables et susceptibles de refuser toute contradiction : il leur faut aussi une cohérence ou un accord avec des conduites.

Lorsque Kant postule l’existence de Dieu, de l’immortalité de l’âme et de la liberté, c’est précisément pour confirmer la cohérence globale de la morale et du monde. Puisqu’aucune vérification empirique n’est possible en métaphysique, ces postulats y respectent les exigences de la vérité formelle.

Conclure

Qu’il s’agisse donc des vérités auxquelles la science nous donne accès ou de celles dont le domaine est extra-scientifique, c’est toujours vers des propositions valorisées positivement que l’esprit se dirige. La recherche des vérités concerne la dignité de la pensée, et c’est en ce sens qu’elle peut constituer un devoir.

 

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