La volatilité électorale

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Classe(s) : 1re Générale | Thème(s) : Voter : une affaire individuelle ou collective ?
 

L’analyse du vote depuis quelques années met en évidence une érosion des déterminants sociaux du vote et une plus grande volatilité électorale. Pour être expliqué, ce phénomène doit d’abord être défini.

I La notion de volatilité électorale

1 Définition et mesure de la volatilité électorale

Depuis les années 1980, on observe, en France, une instabilité de plus en plus importante des comportements électoraux. C’est cette instabilité dans le vote ou la participation électorale que l’on qualifie de volatilité électorale.

La volatilité électorale est difficile à mesurer car elle ne peut s’expliquer uniquement par des changements dans les choix politiques. Par exemple, l’évolution de l’offre politique peut favoriser l’abstention intermittente.

L’indice de volatilité électorale permet de mesurer la volatilité électorale. On peut le calculer en reconstituant les itinéraires de vote entre plusieurs élections. On peut également déterminer le moment où l’électeur décide de son choix. Plus ce moment est proche de l’élection, plus l’instabilité électorale est forte.

2 Les formes de la volatilité électorale

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L’alternance politique est le changement de majorité ­politique d’une élection à l’autre.

On distingue plusieurs formes de volatilité électo­rale. La plus significative concerne le passage du vote à l’abstention et inversement, ce qui correspond à l’abstentionnisme intermittent. Celui-ci est la principale cause des alternances politiques.

Deux autres formes de volatilité électorale concernent un changement partisan. Celui-ci peut s’opérer au sein de la même famille politique (la gauche ou la droite), le vote se déplaçant d’un parti à un autre. La volatilité peut aussi concerner le passage d’une famille à une autre (de la gauche vers la droite par exemple). Cette mobilité « transgressive » est la moins importante.

II Les raisons de la volatilité électorale

1 L’effritement du vote de classe

Les enquêtes électorales montrent que, depuis les années 1970, les caractéristiques socio-économiques jouent un rôle de moins en moins important dans le vote. Mais, si on constate que le vote de classe est moins prononcé, il n’a toutefois pas totalement disparu. Ainsi, le clivage entre le vote des indépendants et celui des salariés reste important.

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On parle de vote de classe pour désigner la ­tendance à voter selon son ­appartenance à une classe ou à une catégorie sociale.

Pour expliquer le déclin du vote de classe, notamment celui de la classe ouvrière, un certain nombre d’explications ont été avancées. Les premières insistent sur les transformations de la classe ouvrière. Celle-ci, mieux éduquée et bénéficiant d’une certaine mobilité sociale ascendante, aurait le sentiment d’appartenir davan­tage à la classe moyenne qu’à la classe ouvrière.

2 Les effets de contexte et de l’offre politique

La volatilité électorale dépend en grande partie de la nature de l’élection. ­Ainsi, le niveau d’abstention est le plus faible pour l’élection présidentielle et les élections municipales. À l’inverse, les élections européennes ou régionales mobilisent moins d’électeurs. Ces différences s’expliquent principalement par la perception qu’ont les électeurs des enjeux de l’élection.

Un facteur de la volatilité électorale est lié à la moindre polarisation des débats politiques. Depuis les années 1980, en France, les alternances se sont succédé alors que les divergences dans les politiques menées se sont atténuées. Ainsi, la réduction des différences entre les programmes des partis a fait perdre au vote sa dimension collective.

 

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Alternances politiques et cohabitation

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L’élection de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981 est la première alternance de la Ve République. Depuis, les alternances sont devenues fréquentes, et s’accompagnent parfois d’une cohabitation entre le président de la République et le Premier ministre d’un autre bord politique.

Les alternances peuvent s’expliquer par les déceptions que suscitent les différents gouvernements. Plus généralement, elles expriment un doute sur la capacité de la politique à agir sur le réel.

 

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