Le bonheur


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Classe(s) : Tle ES - Tle L - Tle S | Thème(s) : Le bonheur
Corpus Corpus 1
Le bonheur
séries L•ES•S

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Si l’on en croit Pascal, « Tous les hommes recherchent d’être heureux ». Mais comment s’entendre sur ce qui rend heureux ? et comment garantir que l’on puisse s’en rendre maître ?

1La quête du bonheur

ALe bonheur dépend-il de la chance ?

Le bonheur désigne ce qui échoit à un sujet, mais par hasard, en fonction d’une « chance ». L’individu le recevrait alors passivement.

Si cette chance est « bonne », nous accorde-t-elle un « bien » (y compris moral) ou plus simplement quelque chose de momentanément agréable ? Par ailleurs, si le bonheur nous est accordé par des circonstances heureuses, comment s’en rendre maître ?

BLa conscience d’être heureux

Le bonheur ne peut concerner qu’un être conscient et capable, d’une part, de concevoir ce qui pourrait le rendre heureux, et de l’autre, d’apprécier sa situation. Il n’y a de bonheur qu’avec une réflexion sur l’accord possible entre l’être et le monde.

2Bonheur et moralité

ALa vertu favorise-t-elle le bonheur ?

La philosophie antique affirme une relation entre vie heureuse et exigence morale : rechercher le bonheur, c’est viser le souverain Bien. Ce bonheur résulte de décisions humaines, il ne dépend plus seulement du hasard. Il est la conséquence de la pratique de la vertu. Le sage, l’homme vertueux, est justement récompensé de ses efforts.

La vertu peut être diversement conçue. Selon les épicuriens, elle suppose une sélection des désirs à combler pour gagner l’ataraxie (absence de trouble). Elle est selon les stoïciens acquiescement à l’ordre et à la rationalité globale du monde. Mais dans tous les cas, elle autorise ou favorise l’accès au bonheur de qui la pratique.

BLe bonheur dans l’au-delà ?

Kant considère, au contraire, que le bonheur ne peut constituer un but pour l’existence morale. Cette dernière doit être réglée par l’idée de loi qui émane de l’autonomie de la volonté. De plus, le bonheur accessible au cours de la vie terrestre lui paraît manquer de plénitude.

Prendre le bonheur au sérieux, c’est le penser comme devant être illimité. Aussi ne peut-il concerner que la vie posthume de l’âme.

3Bonheur et société

ABonheur et progrès

Le rigorisme kantien rejoint ainsi la tradition chrétienne?: le bonheur n’est pas de ce monde.

C’est auxviiie siècle que l’éventualité du bonheur commence à être pensée en relation avec les conditions de la vie sociale. L’addition des progrès ne permettrait-elle pas de garantir une vie de plus en plus heureuse pour une population de plus en plus nombreuse ?

BLa fuite en avant par la consommation

Rousseau réagit contre cet espoir de bonheur généralisé, en dénonçant l’aliénation de l’être dans l’extériorité et dans un paraître trompeur.

Les analyses ultérieures de la société de consommation considèrent de même que les « petits bonheurs » qu’elle promet ont une fonction idéologique. L’acquisition interminable d’indices de distinction sociale n’aboutit qu’à une fuite en avant, masquant les inégalités dans l’accès aux marchandises.

CToute société est répressive


 

citation
« Le bonheur n’est pas une valeur culturelle. »
Freud (1856-1939)

La plénitude impliquée par le bonheur est-elle réalisable ? Selon Freud, toute culture s’élabore sur un refoulement des pulsions, les désirs les plus profonds sont condamnés à ne jamais trouver leur satisfaction.

Conclure

Si l’on admet que toute civilisation est nécessairement répressive, le bonheur n’est rien de plus qu’une utopie. Celle-ci est peut-être nécessaire au déploiement de notre activité, mais la lucidité nous oblige à la situer comme un but impossible à atteindre.

 

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