Le militantisme politique

Merci !

Fiches
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : La participation politique
Corpus - | Corpus - 1 Fiche
 
Le militantisme politique

FB_Bac_98605_SspT_ES_021

21

49

6

Le militantisme est une forme d’engagement politique. Comment le définir ? Et comment caractériser ses évolutions ?

1Définition et déterminants du militantisme politique

AQu’est-ce qu’un militant ?

 Il convient de distinguer le simple adhérent d’une organisation politique (parti politique, par exemple) du militant.

 Ce dernier se caractérise par un engagement politique plus prononcé, ses activités au service du groupe étant plus importantes. Il participe ainsi à des réunions, à la diffusion des positions politiques, à l’animation de campagnes électorales, etc.

 Le militantisme politique ne nécessite pas l’inscription dans un parti politique. Militer dans une association ou un syndicat est un engagement tout autant politique.

BQuelques déterminants de l’engagement militant

 Le militantisme politique est directement lié à l’intérêt pour la politique et au sentiment subjectif d’être doté d’une compétence politique(>fiche17).

 La socialisation politique* réalisée par la famille (>fiche16) joue aussi un rôle essentiel en transmettant (ou non) l’intérêt pour les questions politiques, et en forgeant les représentations de ce qui est (ou non) politique. Il existe donc une forme d’héritage familial de l’action militante.

 Cependant, la socialisation politique ne se limite pas à la sphère familiale. L’école est un lieu d’initiation aux débats politiques et de mobilisation collective. Un tel environnement peut conduire à devenir militant, notamment dans le cadre de syndicats lycéens ou étudiants. L’adhésion à des mouvements de jeunesse comme le scoutisme influence l’inscription dans des organisations politiques.

 De nombreuses études insistent sur le poids des expériences comme facteur d’engagement militant. Par exemple, être victime de la fermeture d’une entreprise peut pousser à vouloir militer pour défendre ses droits ou plus largement ceux des chômeurs.

2Une crise du militantisme ?

AUne baisse du nombre de militants

 Même si le nombre d’adhérents politiques a varié selon les contextes historiques – le Front populaire, la Libération ont été des périodes de fort engagement politique –, la France, comparativement à d’autres pays, n’a jamais été un pays de très fort militantisme.

 Les partis politiques connaissent une tendance à la baisse du nombre d’adhérents. Aujourd’hui, ceux-ci représentent à peine 1 % de la population adulte. De plus, les données concernant le nombre d’adhérents sont particulièrement opaques. Les partis les plus importants en France en nombre d’électeurs, le Parti socialiste (ps) et l’Union pour un mouvement populaire (ump), ne comptent actuellement qu’environ 130 000 adhérents chacun et peu d’entre eux sont véritablement des militants. La crise du militantisme syndical confirme ces observations.

 Moins nombreux, les engagements militants seraient aussi de plus en plus souvent circonscrits à des causes précises, moins idéologiques et plus limitées dans le temps.

BÉléments sociologiques d’interprétation

 Certains sociologues analysent ces évolutions comme le signe d’une crise du militantisme dont le repli sur la sphère privée, la perte de confiance dans les institutions politiques et la dépolitisation seraient les principaux ressorts.

 D’autres approches sociologiques nuancent ces constats en insistant sur le renouvellement des formes d’engagement (l’activisme sur Internet, par exemple) et sur la nécessité de comprendre les mutations du militantisme au regard du contexte défavorable dans lequel elles s’opèrent (chômage de masse, évolution des formes de l’organisation du travail, résignation liée à la mondialisation, etc.).

Conclure

Être un militant politique traduit un fort degré d’engagement politique. Le militantisme politique ne concerne qu’une faible partie de la population.

>>