Le personnage de Jean Valjean

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Classe(s) : Séries tertiaires - Séries industrielles | Thème(s) : L'itinéraire d'un héros de roman

Ce personnage porte non seulement le roman mais aussi les valeurs que défend Victor Hugo. La dimension sociale du roman regroupe plusieurs aspects.

A La pauvreté et le déclassement

Ces deux idées sont évoquées à travers les personnages de Jean Valjean, de la mère de Cosette et de la famille Thénardier. La mère de Cosette, Fantine, est pauvre mais digne : elle cherche à assurer le bien-être de sa fille et fait confiance à la famille à qui elle a confié l’enfant. Cependant, la perte de son travail la conduit, malgré tous ses efforts, à la misère et à la prostitution ; l’épuisement et la maladie ont bientôt raison d’elle. À travers le personnage de Cosette, Victor Hugo met aussi en lumière l’exploitation des enfants.

Après la faillite de leur auberge, les Thénardier, quittent leur village et essayent de reconstruire leur vie à Paris. À travers le personnage de Gavroche, leur fils, et sa mort sur les barricades, ils sont à la fois le symbole du déclassement social et de l’injustice d’une société qui ne s’occupe pas du sort des plus pauvres. À l’époque, le progrès technique, notamment dans l’agriculture, et la pauvreté qui en découle, entraînent l’exode rural vers les villes où tout un monde de démunis et de pauvres va s’agréger.

Enfin, l’histoire même de Jean Valjean fait prendre conscience à la société du sort des plus démunis. Son histoire débute par la condamnation au bagne d’un homme qui n’a aucune raison de devenir un délinquant ou un assassin, pour le vol d’une miche de pain. Il s’agit donc de la dénonciation de la misère et de celle d’une justice qui s’occupe moins de la réhabilitation et du droit à l’oubli que de mettre à l’abri la société de ce monde misérable. On retrouve cette idée dans Claude Gueux, que la prison, pour les mêmes raisons, conduit au meurtre. À travers ces personnages, le romancier met aussi en évidence l’absence d’éducation qui prive les plus pauvres d’une possibilité d’ascension sociale. « Ouvrez une école et vous fermerez une prison » écrivait-il.

B L’engagement politique

Victor Hugo a toujours été engagé dans les combats politiques. La participation de son héros à l’émeute de 1832 montre aussi son aspiration à une société démocratique.

Gavroche est un garçon élevé dans la rue et par la rue. Il porte en lui la revendication d’une vie meilleure : c’est à la fois un personnage sombre par son histoire, mais qui apparaît lumineux dans sa participation à l’insurrection ; il incarne, tout comme Marius, une jeunesse à la recherche d’une forme démocratique et libre de son expression qui tend à disparaître depuis le retour des rois après la chute de Napoléon Ier. Victor Hugo s’appuie sur une page historique pour faire valoir ses aspirations politiques. Mais à la différence de Marius, qui vient d’une famille bourgeoise, le jeune garçon représente la pauvreté et la fermeture de toute perspective sociale. C’est donc étrangement deux mondes qui se croisent mais qui ne se retrouvent pas dans les mêmes désirs.

C L’affirmation chrétienne

L’écriture est un moyen d’affirmer le rôle du romancier, c’est un auteur chrétien qui souhaite délivrer un message aux autres hommes : le chemin vers le salut ou la rédemption. Le romancier transmet des valeurs. Le personnage du héros montre que, à travers l’ensemble de ses écrits, l’auteur peut faire passer son message. L’essentiel de l’œuvre de Hugo reste orienté vers une forme de message messianique : pour lui, l’être humain, est perfectible et il peut devenir meilleur à condition qu’on lui en donne la possibilité.

Jean Valjean est ainsi sauvé par un homme et son geste charitable, fondé sur la générosité et le pardon : celui de l’évêque de Digne qui lui permet de commencer une nouvelle vie. Mais ce sont aussi ses actions individuelles qui le grandissent et qui le font progresser. Jean Valjean recueille Cosette, il sauve la vie de son ennemi, il se dénonce pour qu’un homme ne soit pas injustement condamné… Celles-ci reposent sur un choix personnel, car rien ne l’obligeait à se mettre en « danger ». Celui que la société rejetait et à qui elle ne laissait aucune chance, retrouve ses qualités et ses vertus humaines et même au-delà.