Le personnage de roman

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Classe(s) : 1re ES - 1re L - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde
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Le personnage de roman

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Récap’ express

Le personnage, composante clé du genre romanesque

1. Il faut donner le maximum d’informations sur un personnage : sur son apparence physique, sur sa façon de parler et de se comporter ; 2. Il faut faire connaître le passé d’un personnage, car c’est là que se trouvent toutes les motivations de son comportement présent ; et 3. Le personnage doit avoir une totale indépendance, c’est-à-dire que l’auteur et ses propres considérations doivent disparaître pour ne pas déranger le lecteur qui veut céder à l’illusion et tenir la fiction pour une réalité.

Milan Kundera, L’Art du roman, 1986.

Si Kundera vous indique ici l’art de créer un personnage romanesque, il vous donne par la même occasion les entrées pour son analyse !

Dire que je fais mon possible pour ne pas parler de moi.

Samuel Beckett, Molloy, 1951.

Il est difficile d’envisager un roman sans personnage, qu’on le glorifie ou qu’on le malmène. Ainsi Beckett s’emploie à diminuer physiquement et moralement ses personnages. Mais ce faisant, comme le rappelle ici Molloy, ils restent bien au centre du roman.

Le personnage ou les personnages ?

Le roman de personnages appartient bel et bien au passé, il caractérise une époque : celle qui marqua l’apogée de l’individu. Peut-être n’est-ce pas un progrès, mais il est certain que l’époque actuelle est plutôt celle du numéro matricule. Le destin du monde a cessé, pour nous, de s’identifier à l’ascension ou à la chute de quelques hommes, de quelques familles.

Alain Robbe-Grillet, Pour un nouveau roman, 1957.

D’après Robbe-Grillet, les types de personnages sont déterminés par leur époque. Les personnages romanesques nous disent donc quelque chose du monde tel qu’il est vu à une époque donnée par un auteur donné.

Le personnage, un héros ?

Les héros ont notre langage, notre faiblesse, nos forces. Leur univers n’est ni plus beau ni plus édifiant que le nôtre. Mais eux, du moins, courent jusqu’au bout de leur destin et il n’est jamais de si bouleversants héros que ceux qui vont jusqu’à l’extrémité de leur passion.

Albert Camus, L’Homme révolté, 1951.

Si le lecteur s’attache au personnage, c’est souvent parce qu’il dit quelque chose de lui. Il peut lui ressembler, mais il est par nature toujours différent.

Nous avouerons que notre héros était fort peu héros en ce moment.

Stendhal, La Chartreuse de Parme, 1839.

Le commentaire ironique du narrateur deLa Chartreuse de Parme nous invite à nous demander si le héros d’un roman doit vivre en héros pour être un bon héros (au sens de personnage) de roman.

Le personnage manipulé ou autonome ?

Je me présente Hubert Lubert […]. Étant romancier, j’écris donc des romans. Écrivant des romans, j’ai affaire à des personnages. Or voici que l’un d’eux vient de s’éclipser. Textuellement. Un roman que je venais de commencer, une dizaine de pages environ, […], et voilà que le personnage principal, à peine esquissé, disparaît.

Raymond Queneau, Le Vol d’Icare, 1968.

Icare, le personnage principal, refuse d’être manipulé par son auteur, il veut vivre son propre destin et réclame sa liberté. Mais ce n’est qu’illusion puisque le livre se ferme sur ces derniers mots du romancier : « Tout se passa comme prévu ; mon roman est terminé. » Cette mise en abyme du travail de l’écrivain permet de réfléchir sur le mode de création du personnage par l’auteur.

Conclure

Le roman est « la grande forme de la prose où l’auteur, à travers des ego expérimentaux (personnages), examine jusqu’au bout quelques grands thèmes de l’existence. » (M. Kundera, L’Art du roman, 1986)

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