Le Proche et le Moyen-Orient dans la guerre froide (1956-1989)

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Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Un foyer de conflits : le Proche et le Moyen-Orient depuis 1945
Corpus Corpus 1
Le Proche et le Moyen-Orient dans la guerre froide (1956-1989)

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(>rabatsIIetIII)

Comment cette région a-t-elle en partie échappé à la guerre froide ?

1Politique et objectifs des deux Grands

AL’URSS et les mouvements nationalistes arabes

 L’urss veut débarrasser le Proche et le Moyen-Orient de l’impérialisme occidental, incarné d’abord par la France et le Royaume-Uni, puis par les États-Unis.

 Dans cette optique, après avoir soutenu Israël en 1947-1948, l’urss privilégie les mouvements nationalistes arabes. Elle aide économiquement et militairement le régime égyptien de Nasser, dès 1955, et le parti Baas en Syrie et en Irak.

BLes États-Unis et le « consensus stratégique »

 Le président Eisenhower réplique en proposant lui aussi une aide économique et militaire, en 1957. Cette « doctrine Eisenhower » permet aux États-Unis de combler le vide stratégique entraîné par l’effacement des puissances coloniales suite à l’expédition de Suez.

 La politique des États-Unis au Moyen-Orient est guidée par la notion de consensus stratégique, qui combine la volonté de garantir la stabilité politique de la région, de protéger Israël et d’« endiguer » l’urss.

2Des ambitions régionales qui perturbent
les calculs des deux Grands

 Le soutien des États-Unis à Israël conduit les régimes égyptien, syrien puis irakien à se rapprocher de l’urss. Parvenus au pouvoir suite à des coups d’État militaires, ils sont animés d’une volonté réformatrice.

 Ces pays, et en particulier l’Égypte de Nasser, champion du nationalisme arabe, adoptent une voie « socialiste » de développement (réforme agraire, politique de grands travaux), sous la conduite d’un pouvoir fort et autoritaire (parti unique, répression des opposants).

 L’Arabie Saoudite et la Jordanie demeurent des monarchies conservatrices qui choisissent le camp occidental, tout comme Israël, seul État démocratique de la région.

 La rivalité entre États progressistes et États conservateurs est un facteur de déstabilisation. En outre, les changements d’orientation perturbent les équilibres régionaux : ainsi, l’Égypte se rapproche des États-Unis après 1970.

3Les deux Grands et les guerres israélo-arabes
(>fiche15)

ALa guerre des Six-Jours (juin 1967)

 Persuadé qu’Israël prépare une opération militaire, Nasser bloque le golfe d’Akaba pour entraver le ravitaillement d’Israël, et se joint à l’Irak et à la Jordanie par un pacte militaire.

 Le 5 juin 1967, Israël pilonne au sol l’aviation arabe, puis en six jours, ses troupes s’emparent de nombreux territoires : le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, le plateau du Golan. L’onu impose le cessez-le-feu et adopte six mois plus tard la résolution 242, qui pose les principes d’un règlement en vue d’une paix durable. (>rabatVI)

BLa guerre du Kippour (octobre 1973)

 Anouar El-Sadate, qui a succédé à Nasser à la tête de l’Égypte, veut venger l’humiliation arabe de 1967. Le jour de la fête juive du Grand Pardon, son armée envahit par surprise le Sinaï pendant que la Syrie attaque le Golan. Après une contre-offensive israélienne, avec l’aide américaine, l’onu impose le cessez-le-feu.

 Le conflit se double d’une « guerre du pétrole » : réunis à Koweït, les pays arabes producteurs décident une hausse de 70 % du prix du pétrole brut ainsi qu’un embargo contre les pays soutenant Israël.

 Après la guerre, l’Égypte accepte la politique des « petits pas » proposée par les États-Unis. En septembre 1978, l’Égypte et Israël signent à Camp David un traité de paix et normalisent leurs relations diplomatiques, Israël évacuant le Sinaï.

Conclure

Les rivalités complexes qui déchirent le Proche
et le Moyen-Orient empêchent les deux Grands d’imposer leur domination aux acteurs régionaux.

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