Le récit aux XXe et XXIe siècles

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Classe(s) : 2de | Thème(s) : Le roman et le récit, du XVIIIe au XXIe siècle
 

Dans les romans du xxe siècle, et davantage encore dans les récits contemporains, les frontières entre fiction et réalité semblent de plus en plus poreuses, au point que certains genres, comme l’autofiction, jouent de leur disparition.

I Les récits de fiction aux xxe et xxie siècles

1 Le succès du roman populaire

Le roman populaire connaît, comme au siècle précédent, un grand succès : le roman de science-fiction, qui imagine l’avenir de l’humanité sous la forme d’un monde futuriste et technique, le roman policier, dans lequel un enquêteur doit résoudre une énigme criminelle, et le roman noir, sorte de double américain et pessimiste du précédent, témoignent de sa vitalité.

2 Du roman au récit

Cependant, le modèle du roman traditionnel se voit contesté de plus en plus vivement, au point qu’il est parfois délaissé au profit de « récits » plus neutres, qui suivent les péripéties banales d’une vie a priori sans intérêt.

Les récits du Nouveau Roman radicalisent cette mise en cause des éléments fondateurs du roman traditionnel : l’action est souvent limitée à des événements apparemment sans importance, la temporalité est généralement disloquée, la description est refusée.

Les récits du Nouveau Roman peuvent être centrés sur la vie quotidienne, comme dans Tropismes de Nathalie Sarraute (1939), prendre une dimension historique, comme dans La Route des Flandres de Claude Simon (1960), ou explorer les structures complexes du temps comme dans La Modification de Butor (1957).

3 Les mutations du personnage

Le xxe siècle poursuit la lente érosion de l’héroïsme, en mettant ses personnages aux prises avec le monde et ses atrocités. Le Voyage au bout de la nuit de Céline (1932) raconte la descente aux enfers de Bardamu, antihéros par excellence, pendant la Première Guerre mondiale. L’Étranger de Camus (1942) évoque l’absurdité de l’existence humaine, dans laquelle aucun héroïsme n’est possible.

Le personnage devient dès lors un simple point de vue sur le monde, une conscience éclatée qui n’est pas toujours cohérente. Le Nouveau Roman amplifie cette crise du personnage : en refusant de lui donner un état civil, de le caractériser, il le conduit à n’être plus que le foyer de la perception et du discours, un pur être de sensations et de langage.

C’est en particulier le cas dans les narrations à la 1re personne qui se multiplient dans les récits contemporains.

Cette évolution caractérise surtout le roman d’avant-garde : le roman traditionnel poursuit parallèlement l’héritage du xixe siècle en produisant des personnages individualisés par des caractéristiques morales et physiques singulières.

II Les récits du réel aux xxe et xxie siècles

Les récits de témoignage prennent une grande importance au xxe siècle, notamment ceux des rescapés des camps de concentration nazis comme Robert Antelme dans L’Espèce humaine (1947) dont la portée relève de la littérature d’idées.

À noter

À la recherche du temps perdu de Proust est un roman, mais sa dimension autobiographique illustre la porosité entre fiction et réalité dans le récit du xxe siècle.

L’autobiographie connaît un âge d’or, par exemple avec Les Mots de Sartre (1964) ou Enfance de Sarraute (1983). Mais un nouveau genre s’invente, à la croisée de la fiction et de l’autobiographie : l’autofiction. Il s’illustre notamment dans W ou le souvenir d’enfance de Perec (1975) ou L’Amant de Duras (1984).

Dans le récit contemporain, notamment sous l’influence la creative nonfiction anglo-saxonne (expression sans équivalent en français, que l’on pourrait traduire par « récits documentaires »), des auteurs mêlent reportage et récit littéraire en mettant en scène leur enquête comme le fait Emmanuel Carrère dans L’Adversaire (2000) ou Ivan Jablonka dans Laëtitia ou la fin des hommes (2016).

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