Le récit réaliste

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Classe(s) : 2de | Thème(s) : Le roman et la nouvelle au XIXe siècle : réalisme et naturalisme
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Le récit réaliste
 
 

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Dès les premiers récits de l’Antiquité, les écrivains ont cherché à produire des fictions vraisemblables. Mais avec les grands cycles romanesques du XIXsiècle, le réalisme devient un véritable mouvement littéraire.

1Le mouvement réaliste

AStendhal et Balzac : les précurseurs

? Stendhal représente la décevante réalité de son époque, comme l’indique la célèbre formule mise en exergue dans Le Rouge et le Noir (1830) : la fiction romanesque a pour mission de dévoiler « la vérité, l’âpre vérité ».

? Balzac invente, avec sa Comédie humaine (écrite entre 1829 et 1850), le roman total, avec l’ambition démesurée de représenter l’intégralité de la société.

BDe la peinture à la littérature

? En 1855, le mot « réalisme » apparaît, de façon péjorative d’abord, pour définir un nouveau courant pictural constitué autour de Gustave Courbet.

? Puis Champfleury (1856) et Duranty (1857) le revendiquent pour la littérature en prônant l’objectivité romanesque et sa vertu didactique.

? Le réalisme n’a cependant qu’une importance limitée comme courant littéraire : même Flaubert, son supposé chef de file, ne se considérait pas comme réaliste.

2L’esthétique réaliste

Pour observer la réalité telle qu’elle est, le roman est le meilleur outil d’investigation.

? Sa liberté formelle et sa capacité à retranscrire, dans l’écoulement du temps, l’enchaînement logique des faits lui permettent de suivre le fil d’une existence. Les personnages y gagnent en épaisseur, et semblent prendre vie sous les yeux du lecteur.

? L’ambition de représenter la réalité dans ses moindres détails explique l’importance de la description dans le récit réaliste. Jamais gratuite, celle-ci permet au lecteur de se situer dans l’espace, elle lui donne l’impression d’être dans le lieu ou face au personnage décrit. Elle est ainsi l’un des moyens privilégiés pour produire un « effet de réel ».

? Les écrivains réalistes rivalisent d’inventions (formes, outils) pour épouser les contours de la réalité. Ainsi complexifient-ils les jeux de focalisation :

– Balzac favorise la focalisation zéro et fait du narrateur un démiurge omniscient ;

– Stendhal ou Flaubert explorent les ressources de la focalisation interne, qui donne accès à l’intériorité du personnage.

3Les thèmes réalistes

? Le récit réaliste s’intéresse au présent et s’inspire de la vie réelle. Stendhal tire Le Rouge et le Noir d’un fait divers lu dans un journal, Flaubert fait de même pour Madame Bovary. Les réalistes s’intéressent à l’influence grandissante de la classe bourgeoise, ils décrivent le règne de l’argent et les réalités de la vie parisienne et provinciale.

? Loin de l’idéalisation et de l’héroïsme romantiques, le réalisme tente de représenter la banalité de l’existence. Flaubert avait même pour ambition d’écrire « un livre sur rien » : L’Éducation sentimentale, roman d’une vie médiocre et d’occasions ratées, la réalise en partie.

? La laideur et l’immoralité deviennent ainsi des sujets littéraires, au risque de choquer. Au moment de la parution de Madame Bovary (1857), un procès est intenté à Gustave Flaubert : le roman est accusé d’être « la négation du beau et du bon », et même de multiplier les « outrages à la morale publique et aux bonnes mœurs » !

Conclure

Bien qu’il ait eu une existence limitée dans le champ littéraire, le mouvement réaliste est donc d’une grande importance dans l’histoire du genre romanesque. Stendhal, Balzac et Flaubert ont posé les fondations du récit réaliste qui, aujourd’hui encore, reste l’un des modèles littéraires les plus répandus.