Le renforcement du pouvoir exécutif sous la Ve République

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Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Gouverner un Etat-nation : la France depuis 1946
Corpus - | Corpus - 1 Fiche
 
Le renforcement du pouvoir exécutif sous la Ve République

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(>rabats,VI)

Comment l’évolution des institutions renforce-t-elle les pouvoirs du président de la République depuis 1962 ?

1La Ve République, un régime présidentiel qui s’affirme

AUn fondement : l’élection au suffrage universel

 En 1962, le général de Gaulle propose aux Français qu’ils élisent leur président de la République au suffrage universel direct. Jusque-là élu par les parlementaires, le Président verrait ainsi sa légitimité renforcée.

 Soutenue par 62 % des voix, cette réforme constitutionnelle assoit la prééminence du président de la République au sein de l’exécutif et lui confère une légitimité supérieure au Parlement.


citation « À travers tant de peines, tant de larmes et de sang, […] il y a entre nous, Françaises, Français, et moi-même, un lien exceptionnel qui m’investit et qui m’oblige. » De Gaulle, 1962

BUn régime contesté

 Le scrutin majoritaire lors des élections législatives favorise les grands partis et la bipolarisation de la vie politique.

 À partir de 1965, les résultats des gaullistes aux élections sont en baisse. L’opposition accuse De Gaulle de « dérive monarchique », il est cependant réélu.

La crise éclate en mai 1968. Étudiants et ouvriers remettent en cause la société de consommation, les institutions et les valeurs traditionnelles (>fiche15). Mais après la dissolution de l’Assemblée nationale par De Gaulle, le 30 mai, les gaullistes triomphent aux élections législatives.

 En avril 1969, De Gaulle propose aux Français un référendum sur une importante réforme de l’État : régionalisation et réforme du Sénat. Elle est rejetée à 53 %. De Gaulle démissionne.

 Georges Pompidou, qui lui succède jusqu’en 1974, puis Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981), maintiennent les prérogatives du chef de l’État et atténuent la bipolarisation de la vie politique en gouvernant au centre.

2La stabilité de l’État menacée par les cohabitations ?

AL’alternance et la cohabitation : de nouvelles situations politiques

 Le 10 mai 1981, la gauche accède au pouvoir pour la première fois dans la Ve République. En 1986, une situation institutionnelle inédite apparaît : suite à la défaite de la gauche aux législatives, le président François Mitterrand est contraint de nommer Jacques Chirac, leader de la droite, au poste de Premier ministre.

 Durant la cohabitation, le Président garde la primauté en politique étrangère mais ne peut s’opposer à la politique intérieure du Premier ministre. Cette situation se reproduit de 1993 à 1995 et de 1997 à 2002.

BLa volonté d’éviter les cohabitations pour assurer la stabilité de l’État

 En 2000, le mandat présidentiel est réduit à 5 ans (quinquennat) et s’aligne sur celui des députés. Cela renforce la prééminence du Président sur le Premier ministre. De plus, avec la tenue des élections législatives quelques semaines après les présidentielles, une cohabitation devient improbable.

 Élu Président en 2007, Nicolas Sarkozy affirme vouloir « agir sur tout ». La révision constitutionnelle de 2008 autorise le président de la République à s’exprimer devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Jusque-là, seul le Premier ministre et son gouvernement possédaient cette prérogative. Mais cette réforme limite le nombre de mandats présidentiels consécutifs à deux.

Conclure

Les institutions de la Ve République ont mis en place un régime semi-présidentiel à partir de 1962. Renforcé par son élection au suffrage universel, après avoir reculé durant les périodes de cohabitation, il progresse à nouveau grâce à la réforme du quinquennat.

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