Le roman aux XVIIe et XVIIIe siècles

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Classe(s) : 1re ES - 1re L - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde
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Le roman aux XVIIe et XVIIIe siècles

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Au XVIIe siècle, face aux tragédies, le roman, déconsidéré, cherche sa voie. Au XVIIIe siècle, dans une société qui se transforme et qui valorise la recherche du bonheur individuel, les écrivains explorent ses possibilités d’expression.

1Le roman au XVIIe siècle

ALe roman pastoral, le roman héroïque et précieux

Ces longs romans ne visent pas la vraisemblance.

 Le roman pastoral (Honoré d’Urfé, L’Astrée, 1607-1619) met en scène des bergers et des bergères dont les conversations reprennent celles des salons précieux.

 Le roman héroïque et précieux (Melle de Scudéry, Le Grand Cyrus, 1649-1653, Clélie, 1654-1661) montre des héros idéalisés impliqués dans des quêtes complexes évoquant celles des romans de chevalerie.

BLe roman parodique

 Le modèle en est Don Quichotte (1605-1615) de Cervantès : le personnage principal se prend pour un héros de roman de chevalerie. Mais le monde dans lequel il vit a changé : le décalage entre les valeurs qu’il défend et la réalité de l’Espagne est source de comique.

 Les romans baroques transcrivent le réel sur le mode comique :

– Le Roman comique (1651-1657) de Scarron et Le Roman bourgeois (1666) de Furetière appartiennent à la même veine réaliste et satirique que Don Quichotte.

– Cyrano de Bergerac propose une autre forme romanesque avec L’Autre Monde ou les États et Empires de la Lune et du Soleil (1657), voyage fantaisiste dans la lune et le soleil.

CLe roman d’analyse


citation « Elle voyait aussi qu’elle entreprenait une chose impossible, que de résister en présence au plus aimable homme du monde, qu’elle aimait et dont elle était aimée. »

Mme de La Fayette, 1678

La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette (1678) en est l’exemple. Il relève d’une esthétique classique. Le récit, concentré autour d’une seule action, oppose passion et raison dans un univers réaliste.

 La proximité avec le réel vécu par les lecteurs est une nouveauté. L’analyse psychologique du personnage en fait un roman moderne.

2Le roman au XVIIIe siècle

ALe roman-mémoires

Il donne la parole à des personnages de fiction qui racontent, à la première personne, les étapes de leur vie :

– soit une ascension sociale (Marivaux, Le Paysan parvenu, 1735, et La Vie de Marianne, 1731-1741) ;

– soit une déchéance : on assiste à la dépravation morale d’un héros subissant des influences néfastes (l’abbé Prévost, L’Histoire de Des Grieux et de Manon Lescaut, 1731).

BLe roman épistolaire

 Il croise la correspondance de plusieurs épistoliers. Le narrateur s’efface, les points de vue des personnages se confrontent ; c’est au lecteur de construire le sens.

 Ce genre à succès répond à des visées différentes :

– dans les Lettres persanes (1721), Montesquieu se sert du « regard étranger » pour examiner les mœurs françaises et critiquer la monarchie de Louis XIV ;

– dans Les Liaisons dangereuses (1782), Laclos, dévoilant les intrigues des libertins, montre les rouages d’une société basée sur l’hypocrisie.

 Ce nouveau genre permet de mêler intrigue amoureuse et longues dissertations politiques ou morales, comme dans Julie ou la Nouvelle Héloïse de J.-J. Rousseau (1761).

CL’anti-roman

 L’Anglais Sterne, dans Vie et opinions de Tristram Shandy (1759-1767), interrompt le récit par des digressions constantes.

 Diderot, dans Jacques le fataliste (1796), fait de même : le dialogue de Jacques et de son maître, entrecoupé par des apostrophes au lecteur, rappelle l’illusion de la convention romanesque.

Conclure

Le roman évolue au rythme des changements de la société et de ses valeurs. Il puise là sa diversité et son inventivité.

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