Le roman courtois

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Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
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Le roman courtois

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Après les chansons de geste qui racontent les exploits guerriers de personnages historiques et la poésie amoureuse chantée par les troubadours et les trouvères, apparaissent, au xiie siècle, les premiers romans. À l’origine en vers, ils sont écrits en langue romane (>fiche2), d’où leur nom.

1 La naissance d’un genre

A Des romans de chevalerie

 Les premiers romans racontent les aventures des chevaliers et les prouesses qu’ils accomplissent, non plus pour Dieu, la France ou leur seigneur, mais pour leur dame à qui ils doivent le service d’amour.

 On les appelle « romans de chevalerie » ou « romans courtois », car ils sont destinés à un public de cour. Comme beaucoup de gens ne savaient pas lire, ils étaient le plus souvent lus à haute voix par des conteurs poètes.

B Des récits merveilleux

info On appelle « matière de Bretagne » un ensemble de légendes celtiques qui se sont développées en Bretagne, en Grande-Bretagne, en Irlande, autour de la figure du roi Arthur et de ses vaillants chevaliers.

Inspirés de la « matière de Bretagne », ces récits font appel au merveilleux : enchantements, prodiges, présence de fées, de géants, de nains…

C Tristan et Iseut

À la fin du xiie siècle, deux poètes anglo-normands, Thomas puis Béroul, racontent la légende de Tristan et Iseut : deux jeunes gens boivent par erreur un philtre d’amour qui les unira à jamais.

Seigneurs, vous plaît-il d’entendre un beau conte d’amour et de mort ? C’est de Tristan et d’Iseut la reine. Écoutez comment à grand’joie, à grand deuil ils s’aimèrent, puis en moururent le même jour, lui par elle, elle par lui.

Tristan et Iseut, adaptation de Joseph Bédier (1900)

2 Les premiers romanciers

A Chrétien de Troyes (v. 1135-v. 1183) : le premier romancier français

Né à Troyes (?), il vit à la cour raffinée de Marie de Champagne, fille d’Aliénor d’Aquitaine. Il est l’auteur de nombreux romans, dont certains sont très célèbres.

Yvain, le Chevalier au lion (vers 1170) : Yvain, chevalier ­d’Arthur, tenté par l’aventure chevaleresque, a délaissé son épouse, Laudine. Pour regagner son cœur, il doit accomplir une série d’épreuves. Un lion qu’il a sauvé l’accompagne dans les dangers.

Lancelot ou le Chevalier à la charrette (vers 1170) : Lancelot, pour plaire à la reine Guenièvre, ne cesse de mettre sa vie en péril. Il consent même, au risque de se déshonorer, à monter sur la charrette infâmante des prisonniers.

Perceval ou le Conte du Graal (vers 1180) : Perceval part à la quête du Graal, vase sacré où l’on aurait recueilli le sang du Christ sur la croix. Sa démarche symbolise l’itinéraire spirituel de l’âme à la recherche de Dieu.

L’essentiel sur…

les romans de Chrétien de Troyes

  • Un art brillant du récit : agencement de l’intrigue, vivacité des dialogues, pittoresque des descriptions.
  • Une peinture sensible de l’amour.
  • Une imagination visionnaire qui cultive le merveilleux (enchanteurs, anneaux d’invisibilité…).

B Marie de France (xiie siècle) : la première femme écrivain française

Marie de France vit à la cour du roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt, qui a épousé Aliénor d’Aquitaine, la petite-fille de ­Guillaume IX.

 Dans de courts récits en vers appelés « lais », elle conte des aventures d’amour chevaleresque inspirées des légendes bretonnes.

Le Lai du laostic (1160-1170) : une dame, chaque nuit, se met à sa fenêtre pour parler doucement à son bien-aimé. À son mari qui la surprend ainsi postée, elle répond qu’elle écoute le chant du laostic (rossignol). Par jalousie, il tue l’oiseau.