Le roman et la peinture

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Classe(s) : 1re ES - 1re L - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde
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Le roman et la peinture

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Si le roman est un récit d’actions construit autour de personnages, comment les autres arts, et particulièrement la peinture, réalisent-ils le même programme ?

1Les genres picturaux

Ils ont été longtemps répartis suivant une hiérarchie académique.

ALa peinture allégorique et la peinture d’histoire

Au sommet de la hiérarchie, la peinture allégorique (sujets mythologiques ou religieux) et la peinture d’histoire représentent des faits dont le spectateur peut avoir déjà connaissance. Elles ont valeur didactique ou de propagande.

BLe portrait

 Le portrait représente une personne réelle. Il est réaliste ou idéalisé. Au xviie siècle apparaissent les portraits de pouvoir (rois, aristocrates, hommes d’église). Le portrait peut être en pied (personne entière), en buste (jusqu’à la taille), en demi-grandeur (jusqu’aux cuisses). Il peut être individuel ou de groupe.

 L’autoportrait est la représentation de l’artiste par lui-même. Il se représente d’abord comme un figurant dans les scènes religieuses, puis l’autoportrait devient tableau à part entière.

CAutres genres picturaux

 La peinture de genre représente des scènes tirées de la vie quotidienne familiale ou populaire.

 Les paysages représentent un site, naturel ou construit, réel ou imaginaire, avec ou sans personnages. D’abord fond pour les portraits ou les scènes mythologiques ou religieuses, le paysage conquiert son autonomie au xvie siècle pour acquérir ses lettres de noblesse au xixe siècle.

 Les natures mortes représentent des objets naturels ou manufacturés formant une composition. Les vanités en sont une variation : les objets représentés symbolisent la fragilité de la vie et la fuite du temps (sablier, tête de mort, bougie, fleur qui se fane…). Elles ont une portée morale.

2Raconter et montrer

Si le portrait, ou image arrêtée, semble être a priori du domaine de la peinture, le récit, ou image en mouvement, semble destiné au roman. Cependant chacun d’eux intervient dans le domaine de l’autre.

ALa peinture qui raconte

 La peinture allégorique et la peinture d’histoire représentent souvent un épisode que le spectateur sait resituer dans son contexte. Pour représenter plusieurs actions, on peut les reproduire les unes à côté des autres (tapisserie de Bayeux) ou utiliser le diptyque et le triptyque (tableau qui s’articule en deux ou trois parties).

 La peinture de genre est soit statique (capture d’un instant de la vie quotidienne), soit dynamique : une scène dramatisée incite le spectateur à reconstituer une action.

BLa littérature qui montre

 Pour décrire, la littérature emprunte à la peinture son lexique, ses techniques picturales : ainsi Balzac utilise-t-il le clair-obscur pour le portrait du colonel Chabert.

 Quand un texte décrit une œuvre d’art, on parle d’ekphrasis : la littérature fait voir avec des mots ce que les yeux ne peuvent voir (par exemple la description du bouclier d’Achille dans l’Iliade).

3Interactions entre tableaux et romans

Tableaux et romans se font parfois écho.

 Les portraits de personnages de la cour d’Henri II peints par François Clouet évoquent ceux de La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette.

Le Verrou de Fragonard montre une scène de séduction qui semble sortie des Liaisons dangereuses de Laclos.

 Hugo semble s’inspirer de la peinture d’histoire de Delacroix, La Liberté guidant le peuple (1831), pour créer le personnage de Gavroche lors des scènes de barricades des Misérables (1862).

Conclure

Qu’on en fasse le portrait ou qu’on relate ses actes, le personnage appartient aussi bien à la peinture qu’au roman. Les deux arts s’empruntent l’un à l’autre, aussi gagne-t-on toujours à se demander comment le texte cherche à nous faire voir et s’il emprunte ses techniques à un art visuel.

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