Le roman naturaliste : Zola

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Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
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Le roman naturaliste : Zola

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L’ambition de Zola est de dépeindre la société du Second Empire dans une perspective naturaliste* : il montre comment l’homme est façonné par son milieu, son hérédité et sa physiologie.

1 Un écrivain engagé dans son temps

 Orphelin de père, Émile Zola (1840-1902), né à Paris, passe son enfance à Aix-en-Provence. Revenu à Paris, après deux échecs au baccalauréat, il entre à la librairie Hachette comme chef de publicité. Il fréquente les peintres et les écrivains, devient journaliste et se met à écrire, entreprenant le cycle des Rougon-Macquart.

 Ses prises de position dreyfusardes font de lui un défenseur des droits de l’homme : le 13 janvier 1898, il lance son fameux « J’accuse » dans le journal L’Aurore, s’attirant des ennemis acharnés. Il meurt asphyxié dans son appartement parisien, sans doute à la suite d’une manœuvre criminelle.

info 15 octobre 1894 : le capitaine Dreyfus, officier juif de l’armée française, est injustement accusé d’espionnage au profit de l’Allemagne. Dégradé et déporté en Guyane, il est innocenté et réhabilité en 1906.

2 Le cycle des Rougon-Macquart

Après Thérèse Raquin (1867), roman naturaliste qui raconte un crime passionnel, Zola se lance dans le chantier des Rougon-Macquart (1871-1893) : les vingt romans de cette « Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire » retracent le destin d’une famille marquée par une hérédité névrotique et alcoolique, et dressent un panorama de la société sous Napoléon III (1852-1870). Voici les principaux romans de la série.

L’Assommoir (1877), peinture de « la déchéance fatale d’une famille ouvrière » : Gervaise Macquart, blanchisseuse, et son mari Coupeau, ouvrier zingueur, sombrent peu à peu dans l’alcoolisme et la misère. Centré sur le cabaret L’Assommoir, le roman décrit les effets de l’alcool sur les protagonistes.

Au Bonheur des Dames (1883) se réfère aux mutations économiques du Second Empire : le grand magasin Au Bonheur des Dames est en pleine expansion grâce au génie commercial de son patron, Octave Mouret. Mais ce grand séducteur est tenu en échec par Denise, une jeune vendeuse timide qu’il finira par épouser.

Germinal (1885) est le roman de la mine : Étienne Lantier trouve du travail dans une mine du Nord de la France. Il tombe amoureux d’une ouvrière, Catherine Maheu. Révolté par les conditions de vie des mineurs, il organise une grève qui dure plusieurs mois.

Cette fosse, tassée au fond d’un creux, avec ses constructions trapues de briques, dressant sa cheminée comme une corne menaçante, lui semblait avoir un air mauvais de bête goulue, accroupie là pour manger le monde.

Germinal, première partie, chapitre 1

La Bête humaine (1890) a pour cadre le monde ferroviaire. Le mécanicien Jacques Lantier aime sa locomotive, la Lison, plus qu’il n’aimerait une femme. Victime de la « fêlure » héritée de sa famille, une pulsion meurtrière incontrôlable le pousse à tuer sa maîtresse.

Et il en venait à penser qu’il payait pour les autres, les pères, les grands-pères, qui avaient bu, les générations d’ivrognes dont il était le sang gâté, un lent empoisonnement, une sauvagerie qui le ramenait avec les loups mangeurs d’hommes, au fond des bois.

La Bête humaine, chapitre 2

L’essentiel sur…

l’œuvre de Zola

  • Une œuvre à ambition scientifique qui s’appuie sur une documentation précise.
  • La fresque d’une époque en pleine mutation économique et sociale, et l’attention portée aux milieux populaires.
  • Un réalisme visionnaire à dimension épique avec des objets métaphoriques saisissants (l’alambic de L’Assommoir, la locomotive de La Bête humaine, le puits de mine de Germinal…).
  • Un écrivain engagé, enthousiasmé par le progrès mais révolté par les injustices sociales.