Le texte théâtral et sa représentation

Merci !

Fiches
Classe(s) : 1re ES - 1re L - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Le théâtre, texte et représentation
 
Corpus - | Corpus - 2 Recap
 
Le texte théâtral et sa représentation
 
 

FB_Bac_98608_Fra1_TT_028

28

Récap’ express

Un genre très particulier

 

Le mode d’expression au théâtre ne consiste pas en mots, mais en personnes qui se meuvent sur scène en employant des mots.

Ezra Pound, 1934.

Ezra Pound met l’accent sur le caractère double du théâtre, à la fois texte écrit, mais aussi texte incarné par les acteurs et déployé sur l’espace de la scène.

 

Quoi qui s’offre à vos yeux n’en ayez point d’effroi.

De ma grotte surtout ne sortez qu’après moi,

Sinon, vous êtes mort. Voyez déjà paraître

Sous deux fantômes vains, votre fils et son Maître. […]

Faites-lui du silence et l’écoutez parler.

Pierre Corneille, L’Illusion comique, 1635.

À la recherche de son fils, Pridamant s’adresse au magicien Alcandre qui lui fait apparaître les péripéties de la vie du jeune homme. On apprend à la fin que cette magie pratiquée par Alcandre est le théâtre, puisque ce fils est un acteur qui vient de jouer un rôle. On parle de théâtre dans le théâtre ou de mise en abyme ; ce procédé permet de montrer les rouages de l’illusion théâtrale.

Le texte ou la scène ?

 

Le dialogue, chose écrite ou parlée, n’appartient pas spécifiquement à la scène, il appartient au livre. […] Je dis que la scène est un lieu physique et concret qui demande qu’on le remplisse, et qu’on lui fasse parler son langage concret.

Antonin Artaud, Le Théâtre et son double, 1938.

Artaud nous fait réfléchir à la relation complexe entre texte et scène. Il oppose le dialogue au langage propre de la scène. Ce faisant, il refuse tout le théâtre construit autour du dialogue. Mais n’oubliez pas que, pour Aristote, c’est le dialogue qui est action, puisque tout passe par lui.

Le travail de la scène

 

Figurez-vous donc premièrement que la scène est dans l’antichambre du Roi car c’est un lieu où il se passe tous les jours des choses assez plaisantes. Il est aisé de faire venir là toutes les personnes qu’on veut, et on peut trouver des raisons même pour y autoriser la venue des femmes que j’introduis. La comédie s’ouvre par deux marquis qui se rencontrent. Souvenez-vous bien, vous, de venir comme je vous ai dit, là avec cet air qu’on nomme le bel air, peignant votre perruque, et grondant une petite chanson entre vos dents. La, la, la, la, la, la. Rangez-vous donc vous autres, car il faut du terrain à deux marquis, et ils ne sont pas gens à tenir leur personne dans un petit espace, allons, parlez.

Molière, L’Impromptu de Versailles, 1663.

Le choix du lieu permet la vraisemblance des entrées et sorties des personnages. L’exposition est organisée autour de la rencontre de deux personnages. Leur maintien et l’organisation de l’espace scénique doivent être en cohérence avec leur statut et leur caractère. Molière nous donne ici une leçon de dramaturgie et de direction d’acteur.

L’histoire de la mise en scène

 

Dans quel palais superbe et plein de ma grandeur

Puis-je jamais paraître dans toute ma splendeur ?

Jean Racine, Iphigénie, III, 1, 1674.

Intérieur sans meubles. Lumière grisâtre. Aux murs de droite et de gauche, vers le fond, deux petites fenêtres haut perchées, rideaux fermés.

Samuel Beckett, Fin de partie, didascalie initiale, 1956.

Voici deux conceptions différentes du décor. Les vers de Racine suggèrent les fastes d’un palais. La didascalie de Beckett insiste sur le sordide et l’étouffement. Entre les deux, presque quatre cents ans se sont écoulés.

Conclure

Quelles sont les relations entre parole et action, texte et spectacle, voir et entendre, scène et salle, auteur et metteur en scène, telles sont les questions que l’on doit se poser quand on aborde le genre théâtral.

>>