Le théâtre de Corneille

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Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
Corpus Corpus 1
Le théâtre de Corneille

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Corneille instaure le théâtre de l’héroïsme. Son œuvre, diverse et contrastée, participe à la fois du baroque* (goût du romanesque et des situations extraordinaires) et du classicisme*.

1 Une vie consacrée au théâtre

 Pierre Corneille (1606-1684), né à Rouen dans une famille de magistrats, abandonne sa carrière d’avocat pour se consacrer au théâtre.

 Il écrit d’abord des comédies dont la plus célèbre est L’Illusion comique, mais c’est avec une tragi-comédie(>fiche21), Le Cid, qu’il connaît la gloire. Il s’oriente ensuite vers la tragédie.

2 De L’Illusion comique (1636) au Cid

A L’Illusion comique (1636)

Pridamant est à la recherche de son fils Clindor, qui a fui le domaine paternel depuis dix ans. Il est conduit dans une grotte enchantée par un mage qui lui annonce que des images animées vont représenter des épisodes de la vie de son fils. Les péripéties s’enchaînent jusqu’à l’assassinat de Clindor. Alors, devant Pridamant horrifié, le rideau se lève : on voit Clindor, devenu comédien, compter l’argent de la recette avec ses compagnons.

B Le Cid (1637) : naissance du héros cornélien

 Le héros, Rodrigue (le Cid), se trouve face à un dilemme : doit-il tuer le père de sa fiancée, Chimène, qui a giflé et humilié son père, don Diègue ? Après avoir délibéré avec lui-même, il choisit de venger l’honneur de son père car ce n’est qu’en accomplissant son devoir qu’il sera digne de l’amour de Chimène.

Faut-il laisser un affront impuni ?

Faut-il punir le père de Chimène ?

Le Cid, I, 6

 La pièce connaît un immense succès, mais donne lieu à une vive controverse : on reproche à Corneille de ne pas avoir respecté les règles, qui sont en train de s’imposer (>fiche21).

3 Les grandes tragédies

Corneille a écrit dix-sept tragédies, parmi lesquelles des tragédies politiques à sujet romain et une tragédie religieuse, aux héros rigoureux et passionnés.

Horace (1640) : Rome et Albe sont en guerre, et décident de désigner chacune trois champions qui livreront un combat singulier pour éviter un bain de sang : à Rome, les trois Horaces ; à Albe, les trois Curiaces. Mais l’un des Horaces a épousé Sabine, la sœur des Curiaces, et l’un des Curiaces est fiancé à Camille, la sœur des Horaces. Horace, l’époux de Sabine, gagne le combat : il tue les Curiaces ; Camille maudit Rome, Horace la tue.

Rome, l’unique objet de mon ressentiment !

Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant !

Rome qui t’a vu naître, et que ton cœur adore !

Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore !

Horace, I, 5

Cinna (1641) : l’empereur romain Auguste se montre héroïque en accordant son pardon à Cinna qui a ourdi une conjuration contre lui.

Je suis maître de moi comme de l’univers ;

Cinna, V, 3

Polyeucte (1642) : l’action se déroule en Arménie, sous l’Empire romain, à l’époque de la persécution des chrétiens. Polyeucte, noble arménien, s’est converti au christianisme ; il renonce à l’amour de sa femme, Pauline, qui le conjure d’abjurer sa foi. Il meurt en martyr, tandis que Pauline se convertit.

L’essentiel sur…

l’œuvre de Corneille

  • Des personnages face à de cruels dilemmes (situation cornélienne), qui leur imposent de choisir entre l’amour et le devoir, valeurs opposées et inconciliables.
  • Des héros capables de maîtriser leurs impulsions par l’exercice de la volonté.
  • Une haute conception de l’amour qui, chez Corneille, est fondé sur l’estime réciproque et repose sur l’honneur.
  • Des pièces à dimension politique où les affaires d’État tiennent une grande place.
  • Un style vif, des alexandrins réguliers qui ont pris valeur de proverbes (« À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », Le Cid, II, 2).