Le théâtre de Racine

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Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
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Le théâtre de Racine

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Racine, supplantant peu à peu son rival Corneille dans la faveur du public, devient le maître de la tragédie classique : l’action tragique est réduite à une crise passionnelle qui débouche en général sur la mort.

1 Racine (1639-1699) : l’influence janséniste

 Orphelin très jeune, Jean Racine est élevé au couvent de Port-Royal, foyer du jansénisme(>fiche26). Cette éducation influence sa conception du monde : l’homme n’est pas maître de son existence, il doit subir le sort qui lui a été assigné par Dieu.

 Racine se rend ensuite à Paris où il mène une vie mondaine et devient un dramaturge réputé, se brouillant avec ses maîtres de Port-Royal. Il retournera à la religion à la fin de sa vie.

2 Les tragédies raciniennes

Les tragédies de Racine s’inspirent presque toutes de l’Antiquité, grecque et romaine ; deux autres évoquent l’Orient, et les deux dernières s’appuient sur des épisodes de la Bible. Mais toutes appartiennent au même univers tragique où les hommes, jouets et victimes de leurs passions, s’affrontent jusqu’à la mort.

A Les tragédies grecques

Andromaque (1667) : après la chute de Troie, Andromaque, veuve du prince troyen Hector, et son fils Astyanax sont retenus en captivité à la cour du roi Pyrrhus. Or, les Grecs réclament la tête d’Astyanax de peur qu’un jour il ne venge son père. Pyrrhus, amoureux d’Andromaque, refuse de sacrifier l’enfant. En échange, il presse Andromaque de l’épouser. Elle doit choisir entre son amour maternel et sa fidélité à Hector.

Iphigénie (1674) : Agamemnon, chef de l’expédition grecque contre Troie, doit sacrifier sa fille Iphigénie pour obtenir des dieux le retour des vents qui lui permettront de faire voile vers la cité troyenne.

Phèdre (1677) : Phèdre, l’épouse de Thésée, égarée par une passion coupable pour son beau-fils Hippolyte, le livre par jalousie à la vengeance injuste de son père.

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;

Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;

Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;

Je sentis tout mon corps et transir et brûler.

Phèdre, I, 3

B Les tragédies romaines

Britannicus (1669) : l’empereur romain Néron, épris de la princesse Junie, fait empoisonner son rival et demi-frère, Britannicus.

Bérénice (1670) : l’empereur romain Titus et la reine de Palestine Bérénice renoncent à leur amour pour obéir à la raison d’État.

Que le jour recommence ou que le jour finisse,

Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,

Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?

Bérénice, IV, 5

C Les tragédies orientales

Bajazet (1672) : à Constantinople, en 1635, la sultane Roxane fait périr par jalousie le frère du sultan, Bajazet, épris de la princesse Atalide.

Mithridate (1673) : Mithridate, roi du Pont (région d’Asie Mineure), se résigne, avant de mourir, à céder Monime, sa favorite, à son fils.

D Les tragédies bibliques

Esther (1689) : Esther, d’origine juive, intervient auprès de son mari Assuérus, roi de Perse, pour sauver les juifs du massacre ordonné par le favori du roi.

Athalie (1691) : à Jérusalem, au viiie siècle av. J.-C., une révolution met fin au règne de l’usurpatrice Athalie et rétablit le roi légitime, Joas.

L’essentiel sur…

le théâtre de Racine

  • Un théâtre de la fatalité : le héros racinien, déterminé par le destin, n’a pas la maîtrise de son existence, contrairement au héros cornélien, être de volonté qui croit à sa liberté.
  • Un théâtre de la passion amoureuse : violente et destructrice, elle paralyse la volonté et aveugle la raison.
  • Un théâtre respectueux des règles de la dramaturgie classique, qui deviennent l’instrument de l’enfermement tragique.
  • Un théâtre poétique : l’univers tragique est éclairé par une mélodie du langage qui le transfigure et génère de l’émotion.