Le théâtre, un genre particulier

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Classe(s) : 1re ES - 1re L - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Le théâtre, texte et représentation
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Le théâtre, un genre particulier

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Le texte théâtral est un genre littéraire particulier : c’est un texte écrit pour être joué et vu par un spectateur dans l’espace du théâtre. Qu’est‑ce que cela implique ?

1Trois spécificités

AUne action représentée

 Pour Aristote le théâtre est une « mimésis » : l’action représentée sur scène n’est pas réelle mais elle mime le réel.

La tragédie est l'imitation (mimèsis) d'une action de caractère élevé et complète, d'une certaine étendue, dans un langage relevé d'assaisonnements d'une espèce particulière suivant les diverses parties, imitation qui est faite par des personnages en action et non au moyen d'un récit, et qui, suscitant pitié et crainte, opère la purgation (catharsis) propre à pareilles émotions.

Aristote, Poétique, vers 335 av. J.-C.

 Contrairement au roman, l’action n’est pas racontée, il n’y a donc pas de narrateur. Tout passe par le dialogue et les éléments de la représentation (gestes, voix, déplacements…).

BLes conventions théâtrales

 Comme toute œuvre littéraire, le théâtre nous ouvre un monde de fiction ; mais l’illusion y est plus présente qu’ailleurs : comment ne pas savoir que le château que je vois sur scène n’est qu’un un décor peint !

 Aller voir une pièce de théâtre, c’est donc accepter par convention de croire vrai ce que l’on sait faux.

 On dit qu’il y a une barrière symbolique qui sépare d’un côté la scène et la représentation qui s’y déroule, de l’autre côté la salle et les spectateurs dans la pénombre.

CLa double énonciation

 Une situation d’énonciation singulière : sur la scène, des personnages se parlent (premier niveau d’énonciation), mais c’est un jeu dont le véritable destinataire est le spectateur (second niveau d’énonciation).

 Le spectateur en sait donc plus que les personnages : il assiste à toute l’intrigue, alors que les personnages ne sont pas censés savoir ce qui se passe quand ils sont absents de la scène.

 La double énonciation joue sur la complicité entre personnages et spectateurs. Elle peut être exploitée de différentes manières et peut donner lieu à une tension tragique (Racine, Britannicus, 1669) ou à un effet comique (Molière, Tartuffe, 1664).

2Texte et représentation

ALes didascalies

On en trouve deux sortes :

 Les didascalies externes sont les instructions que le dramaturge destine au metteur en scène et aux acteurs, pour indiquer les tours de parole, les gestes et le ton. Les décors et accessoires peuvent être mentionnés au début d’un acte, d’une scène ou au cours même d’une scène.

 Les didascalies internes appartiennent au dialogue lui-même. Elles peuvent donner des indications sur un accessoire : « Prends un siège » (Corneille, Cinna, 1639) ; une attitude ou un mouvement : « Montre-moi tes mains » (Molière, L’Avare, 1668).

 Quasi inexistantes dans la tragédie classique du xviie siècle, les didascalies externes prennent de plus en plus d’importance du xixe au xxe siècle.

BUne relation complexe entre texte et représentation

 Certaines pièces n’ont pas été écrites en fonction des contraintes de la scène (Musset, Un spectacle dans un fauteuil, 1832-34). Trop complexes pour les moyens techniques de l’époque, elles sont cependant jouées sans problème de nos jours.

 Certaines pièces n’ont d’autre texte qu’une sorte de canevas à partir duquel les acteurs improvisent, c’est le cas de la commedia dell’arte (>fiche20).

 Il ne faut pas oublier qu’au xviie siècle, par exemple, le texte d’une pièce peut être publié bien après sa création.

Conclure

Le théâtre est un genre double. Pour étudier un texte de théâtre, il faut tenir compte des éléments de sa représentation.

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