Les causes de l’expansion coloniale

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Classe(s) : 1re Générale | Thème(s) : La IIIe République avant 1914 : métropole et colonies
 

L’expansion coloniale se développe à partir de 1880, lorsque les républicains opportunistes sont au pouvoir. Quels sont les fondements et les acteurs de l’expansion coloniale française ?

I Des motivations politiques et économiques

1 Des fondements politiques

En France, l’expansion outre-mer est un moyen d’effacer l’humiliation de la défaite de 1870 contre la Prusse.

La politique coloniale de Gambetta et de Ferry témoigne de la hantise du déclin, de l’obsession du rang mondial de la France qui est au cœur du nationalisme depuis 1871.

2 Un contexte économique favorable

Dans la seconde moitié du xixe siècle, la domination économique de l’Europe s’accentue grâce à l’essor de la révolution industrielle. En 1914, la moitié de la production industrielle mondiale vient d’Europe ainsi que les deux tiers des échanges. Cette domination est liée à une supériorité technique et scientifique.

Les États européens en proie aux difficultés économiques liées à la Grande dépression (1873‑1896) recherchent des matières premières et des débouchés. Les économies sont alors favorables au libre-échange.

II Démographie, intérêt scientifique et « devoir moral »

1 Des raisons démographiques et scientifiques

En 1914, l’Europe représente le quart de la population mondiale. Une forte fécondité liée à la transition démographique pousse les Européens à quitter le continent. La France est moins touchée par ce phénomène.

Les sociétés de géographie financent des expéditions. Les scientifiques s’intéressent à la découverte de territoires jusque-là inconnus. Savorgnan de Brazza, officier et explorateur français, mène trois expéditions en Afrique.

 

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Jules Ferry, deux fois président du Conseil (1880‑1881 et 1883‑1885), établit le protectorat sur la Tunisie puis lance la conquête du Tonkin (nord du Vietnam).

Georges Clemenceau, député radical, s’oppose violemment à la politique coloniale de Ferry. Ses arguments sont économiques, nationalistes et humanistes.

 

2 La bonne conscience de « l’homme blanc »

Les Européens sont convaincus de leur mission civilisatrice. C’est le « fardeau de l’homme blanc » dont parle le poète britannique Kipling.

L’Église connaît une intense activité missionnaire en Afrique alors que son emprise diminue sur les sociétés européennes. La congrégation Notre-Dame d’Afrique est fondée par le cardinal Lavigerie en 1868.

III Le débat colonial

1 Convaincre l’opinion politique

De puissants groupes de pression se forment, comme le parti colonial. Ils rassemblent des députés de gauche et de droite, des industriels et des hommes d’Église pour appuyer le développement des empires coloniaux.

L’opposition à la colonisation est alors le fait de la droite nationaliste et des radicaux comme Georges Clemenceau qui redoutent que l’expansion coloniale détourne la France de la revanche.

Les milieux politiques se rallient à partir de 1890. Les socialistes eux-mêmes admettent la validité d’une colonisation apportant les bienfaits de la civilisation.

2 Convaincre l’opinion publique

Les groupes de pression cherchent à convaincre l’opinion. L’Exposition universelle de Paris en 1889 met en valeur l’empire colonial.

Après 1890, l’opinion publique accepte l’expansion coloniale par nationalisme et patriotisme ou dans une certaine indifférence teintée de curiosité.