Les conflits sociaux en France

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Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Intégration, conflit, changement social
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Les conflits sociaux en France

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Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, comment les conflits sociaux ont-ils évolué en France ?

1Les conflits sociaux après 1945

ALe mouvement central

 Dans la période 1945-1975, les conflits du travail occupent une place prépondérante et les syndicats, bien que divisés, sont puissants (>fiche38). Le taux de syndicalisation en France est supérieur à 25 % à la fin des années 1960 et la classe ouvrière (40 % de la population active) est unie et forte.

 On parle de mouvement central pour montrer l’importance des conflits du travail à cette époque. En 1968, par exemple, la France a connu trois semaines de grève générale.

BLe déclin des conflits du travail


chiffres clés
Le syndicalisme est en crise : moins de 8 % des salariés sont syndiqués aujourd’hui en France contre 26,7 % en 1950.

 À partir de la fin des années 1970, après la période de croissance des Trente Glorieuses, on observe une régression des conflits du travail.

 Ce déclin s’explique d’une part par la menace du chômage, qui pèse sur le climat social, et d’autre part par le fait que les syndicats, toujours très divisés, ont mal intégré les changements dans la structure de l’emploi. Il est difficile de revendiquer des hausses de salaire, alors que l’augmentation des emplois précaires (cdd, intérim…) joue en défaveur des syndicats et que le monde salarial est plus dispersé (déclin de la grande industrie, essor du tertiaire et des pme).

 La montée de l’individualisme entraîne une moindre implication dans l’action collective. Selon le paradoxe d’Olson, l’individu rationnel n’a pas intérêt à participer à l’action collective car le calcul coûts/ avantages l’en dissuade. Il adopte l’attitude du « passager clandestin » car il peut tirer profit de l’action des autres.

2Les nouveaux mouvements sociaux (NMS)

ALes caractéristiques des NMS

 Apparues dans les années 1960-1970, de nouvelles luttes collectives sont désignées sous l’appellation « nouveaux mouvements sociaux » (nms). Dans les sociétés modernes post-industrielles, technocratiques et post-matérialistes, les besoins matériels étant supposés satisfaits, les préoccupations se tournent vers d’autres besoins et les appareils de décision économiques et politiques sont de plus en plus contestés (>schéma, fiche41).

 Les nms ont pour principales caractéristiques :

– une organisation et un répertoire d’action en rupture avec le fonctionnement syndical : sit-in, grève de la faim (sans-papiers), défilé festif (Gay Pride)… ;

– des valeurs et revendications nouvelles : résistance au contrôle social, autonomie, épanouissement personnel… ;

– des acteurs qui ont changé : classes moyennes salariées et diplômées, étudiants, femmes, homosexuels… ;

– un rapport au politique différent : demande d’espaces d’autonomie et de démocratie.

BLes limites de l’évolution des conflits sociétaux

 Les nms ne sont pas vraiment nouveaux et les formes d’action changent en réalité très peu. Des mouvements féministes (suffragettes) et écologistes existaient déjà au xixe siècle, ainsi que les manifestations festives.

 Aujourd’hui, on assiste à un retour des préoccupations économiques et sociales qui s’éloignent de celles des nms et qui sont traversées par les thématiques de pouvoir d’achat, chômage, précarité, exclusion.

 Les conflits du travail restent nombreux, mais ils n’apparaissent pas toujours dans les statistiques et prennent des formes différentes : pétitions, arrêts de travail d’une heure, distribution de tracts…

Conclure

Les difficultés économiques de la fin du XXe siècle ont fait reculer les conflits du travail, relayés par des conflits de type nouveau dont les revendications et les acteurs ne sont plus les mêmes. Aujourd’hui, on constate cependant un retour des revendications économiques autour du travail.

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