Les deux approches de la soutenabilité

Merci !

Fiches
Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Économie du développement durable
Corpus - | Corpus - 1 Fiche
 
Les deux approches de la soutenabilité

FB_Bac_98606_SesT_ES_019

19

47

4

Dans quelle mesure les capitaux naturel, physique, humain et institutionnel sont-ils substituables ? Quelles sont les différentes approches possibles pour fixer les objectifs des politiques environnementales ?

1La soutenabilité faible

ADes capitaux substituables

 Les tenants de la soutenabilité faible font l’hypothèse que la nature est un capital productif comme les autres et que, par conséquent, les différents types de capital sont substituables. Il est donc possible de gérer ces capitaux en maintenant un stock de capital global constant.

 Une diminution du capital naturel peut entraîner des pertes de bien-être, mais sera compensée par davantage de revenus et de capital physique produit. Par exemple, la forte diminution des réserves halieutiques (poissons, crustacés et mollusques) sera compensée par le développement des élevages en mer ou en bassin.

 Chaque génération obtient ainsi un maximum de bien-être pour elle-même, sans empêcher les suivantes d’en bénéficier.

BDes objectifs limités

Dans cette hypothèse, les objectifs des politiques environnementales restent limités.

 La principale contrainte étant celle de la technologie disponible, l’accent est mis sur des mesures pour favoriser le progrès technique.

 On fait confiance au marché pour réorienter la production.

 Les partisans de la soutenabilité forte remettent en cause cette vision optimiste du futur. Les ressources non renouvelables ne risquent-elles pas de s’épuiser ? Les investissements de substituabilité seront-ils réalisés à temps ? Le progrès technique pourra-t-il toujours apporter une solution ?

2La soutenabilité forte

APas de substitution absolue

 Il existe une asymétrie forte entre le capital reproductible par l’homme (physique, humain et institutionnel) et le capital naturel, beaucoup moins reproductible. Les possibilités de substitution se heurtent à des limites physiques. L’exemple de la déforestation au niveau planétaire montre qu’il n’y a pas d’autre solution que de limiter celle-ci et de gérer les forêts de façon durable.


chiffres clés Aux États-Unis, en 2008, les émissions de co2 par habitant étaient de 18 tonnes ; dans l’Union Européenne, 8 tonnes ; et dans le monde, en moyenne, 4 tonnes.

 La dégradation accélérée de l’environnement, par exemple le phénomène d’augmentation de la température moyenne des océans et de l’atmosphère à l’échelle mondiale sur plusieurs années (changement climatique), exige d’agir rapidement. Dans les pays riches, l’émission de co2 par habitant est très supérieure au seuil absolu (1,8 tonne/hab.) qu’il faudrait atteindre pour préserver l’environnement (>rabats,IIetIII).

BDes objectifs plus ambitieux

 Un premier objectif consiste à définir des seuils de ressources non remplaçables, nommés « capitaux naturels critiques ». Cette définition est néanmoins difficile. Que doit-on préserver ? Qui fixe les seuils ? Par exemple, en matière de gestion des réserves halieutiques au niveau européen, la décision relève-t-elle seulement des experts ? Quel est le coût financier et social de ces mesures ?

 Il faut aussi orienter la croissance, qui est nécessaire à l’amélioration de l’environnement. Par exemple, pour limiter l’utilisation des ressources énergétiques non renouvelables, l’État peut favoriser l’isolation des logements ou encourager la construction d’éoliennes par un système de subventions.

Conclure

Les objectifs en matière de politique environnementale divergent selon les approches de la soutenabilité. Dans l’hypothèse d’un épuisement du capital naturel, des mesures urgentes paraissent nécessaires, notamment pour lutter contre les dérèglements climatiques.

>>