Les différentes lectures du conflit social

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Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Intégration, conflit, changement social
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Les différentes lectures du conflit social

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Quelle est la signification des conflits sociaux et quels rôles jouent-ils dans la société ?

1Le conflit, pathologie de l’intégration

APathologie de la division du travail

 L’intégration par le travail ou à la vie sociale peut parfois prendre des formes anormales qualifiées de pathologiques et engendrer des conflits (>fiche38).

 Ainsi, pour É. Durkheim, la division du travail ne produit pas toujours de la solidarité organique.

Il cite l’exemple de la domination du capital sur le travail dans la grande industrie, qui bouleverse les relations du travail et engendre de nombreux conflits. Dans ces situations, les acteurs s’opposent et ne sont plus complémentaires.

BPathologie de l’adaptation et de la communication

 Les sociologues américains mettent l’accent sur l’adaptation de l’individu à son milieu. Ils ont donc tendance à considérer que toute insatisfaction, toute révolte (conflit) contre le milieu est un phénomène pathologique.

Par exemple, les violences dans les banlieues résulteraient d’un défaut d’intégration de la part de jeunes inadaptés à la vie sociale qui expriment leur mal-être.

 La conflictualité peut aussi résulter d’une pathologie de la communication. Le conflit naît de la difficulté des dirigeants à expliquer des décisions qui s’imposent et des crispations des exécutants devant toute remise en cause de leur situation, liée à la modernité et aux impératifs du marché du travail.

Par exemple, la privatisation de France Télécom a généré des conflits car la direction n’a pas su bien expliquer aux salariés les changements dans l’organisation du travail et ceux-ci ont souvent adopté une position de refus.

2Le conflit, facteur de cohésion sociale

ADes effets sur le lien social

citation « [Grâce au conflit,] des personnes et des groupes qui sans cela n’auraient rien à faire ensemble sont amenés à se rassembler. » G. Simmel, 1908

 Le sociologue allemand Georg Simmel est le premier à mettre en évidence la dimension intégratrice des conflits sociaux.

Par exemple, un conflit du travail qui porte sur un refus de licenciement permet de définir une cause commune autour de laquelle on se confronte. Les grévistes découvrent la solidarité et sont obligés de mettre en place des règles pour aboutir à un accord.

 Le conflit assainit les relations au sein d’un groupe. Son apparition désamorce les tensions qui s’étaient accumulées entre les individus en relation. Il préserve le groupe de la dissolution qui entraînerait le retrait des participants frustrés par une relation d’hostilité qu’ils ne supportent plus.

 L’approche fonctionnaliste aboutit à des conclusions proches : le conflit peut contribuer à renforcer les liens sociaux, en poussant différents groupes à s’allier, en amenant les individus à s’investir dans la vie publique, ou encore en obligeant les adversaires à communiquer.

 Les conflits du travail entre patronat et syndicats ont contribué à l’équilibre des relations sociales, surtout quand les règles du jeu ont été bien établies : on parle d’institutionnalisation du conflit. Le tissu social se trouve alors renforcé.

BDes effets individuels positifs

 Le conflit permet également d’accepter les autres, notamment des personnes auxquelles on s’oppose, tandis que la révolte permet d’éviter d’être complètement dominé (par exemple, les mouvements pour la défense des sans-papiers).

 L’engagement apporte des liens de sociabilité, des connaissances et des compétences. Il restaure une identité valorisante des individus.

Conclure

Le conflit peut, dans certains cas, être l’expression d’une pathologie de l’intégration, mais il reste cependant un rouage essentiel du processus d’intégration sociale.

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