Les expériences de monarchie constitutionnelle en France

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Classe(s) : 1re Générale | Thème(s) : L’Europe entre restauration et révolution (1814-1848)
 

Après l’effondrement de l’Empire en 1815, les Français expérimentent deux monarchies constitutionnelles, de 1815 à 1848, ­fondées sur la charte de 1814. Celle-ci cherche un difficile équilibre entre ­l’autorité royale et la souveraineté nationale.

I La Restauration (1815‑1830)

1 La charte de 1814

En 1815, la monarchie est restaurée en France. Louis XVIII monte sur le trône. Il applique alors la charte de 1814, rédigée avant l’épisode des Cent-Jours . Ce texte cherche à concilier l’héritage de l’Ancien Régime avec celui de la Révolution française en instaurant une monarchie constitutionnelle.

Le roi détient le pouvoir exécutif et partage le pouvoir législatif avec deux chambres : la Chambre des Pairs dont les membres sont nommés par le souverain et héréditaires ; la Chambre des députés, élue au suffrage censitaire qui réserve le droit de vote ou d’éligibilité aux citoyens les plus riches.

Les Français se voient garantir les libertés fondamentales (de pensée, de culte, de la presse), l’égalité et le droit de propriété.

2 Une vie politique mouvementée (1815‑1830)

Deux partis politiques s’affrontent : le parti ultraroyaliste et le parti libéral.

mot clé

Une ordonnance est une décision législative prise par le roi sans débat parlementaire.

Durant son règne (1815‑1824), Louis XVIII mène une politique modérée en favorisant une véritable vie parlementaire. Cependant, son successeur, Charles X (1824‑1830) se montre beaucoup plus favorable aux ultraroyalistes. Face à une opposition libérale grandissante, il tente un coup de force en juillet 1830 en signant des ordonnances : il supprime la liberté de la presse, dissout la Chambre des députés et réduit le corps électoral pour en éliminer la bourgeoisie.

Les ordonnances royales provoquent une insurrection populaire à Paris les 27, 28 et 29 juillet 1830 (Trois Glorieuses) qui poussent Charles X à abdiquer. Le duc d’Orléans est proclamé roi des Français, sous le nom de Louis-Philippe Ier.

II La monarchie de Juillet (1830‑1848)

1 La charte révisée de 1830

Louis-Philippe prête serment à la charte de 1830, révisée par les députés ­libéraux. Désormais, le roi ne peut plus gouverner par ordonnances ; le cens et l’âge pour être électeur et éligible sont abaissés, ce qui élargit le corps électoral ; l’hérédité des pairs est abolie.

Ce nouveau régime semble consolider les acquis de la Révolution française : le drapeau tricolore remplace le drapeau blanc ; les libertés sont rétablies.

2 Un régime contesté et fragile

mot clé

Les légitimistes sont les partisans de la branche aînée des Bourbon. Les orléanistes, de sensibilité plus libérale, soutiennent la branche cadette (les ducs d’Orléans).

La monarchie de Juillet fait face à de multiples oppositions politiques : celle des légitimistes qui rêvent du retour des Bourbons sur le trône ; celle des bonapartistes qui soutiennent les prétentions de Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier ; celle des républicains qui estiment que la révolution de 1830 a été confisquée par les orléanistes.

Ainsi, de 1830 à 1836, le gouvernement doit réprimer diverses tentatives de coup d’État et des insurrections populaires. En 1835, après un attentat manqué contre le roi, des lois répressives cherchent à museler l’opposition républicaine.

De plus, le régime apparaît comme celui de la bourgeoisie. Le mot d’ordre de Guizot, chef du gouvernement de 1840 à 1848, l’illustre parfaitement : « Enrichissez-vous par le travail et par l’épargne. » Touchés par la crise économique à partir de 1846 et privés du droit de vote par le suffrage censitaire, les couches populaires se sentent exclues.

Dans ce contexte, l’interdiction de banquets républicains en février 1848 provoque des journées révolutionnaires à Paris et l’abdication du roi .

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