Les facteurs d’inégalités de réussite scolaire

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Classe(s) : Tle Générale | Thème(s) : Quelle est l’action de l’École sur les destins individuels et sur l’évolution de la société ?


Malgré la gratuité de l’École, les inégalités persistent. Les sociologues l’expliquent par les différences de socialisation et les inégalités familiales, mais également par le fonctionnement de l’École elle-même.

I Les facteurs familiaux aux sources des inégalités de réussite scolaire

Les origines sociales ainsi que les stratégies familiales, différentes selon le milieu d’origine, ont une influence déterminante sur la réussite scolaire.

1  La socialisation familiale

La socialisation selon le genre renforce les inégalités scolaires. La socialisation des garçons les incite à choisir les filières les plus valorisées. D’après Christian ­Baudelot et Roger Establet (Allez les filles !, 1992), les filles ont des résultats ­scolaires supérieurs à ceux des garçons mais délaissent pourtant les filières valorisées et les grandes écoles.

La socialisation selon le milieu social renforce également les inégalités scolaires. Selon Pierre Bourdieu (1930‑2002), le capital culturel hérité de la famille permet aux élèves favorisés de détenir des références culturelles et un langage proche de celui des enseignants, ce qui favorise leur réussite scolaire. Le sentiment d’être à leur place à l’école incite ces élèves à faire des études plus longues et prestigieuses.

mots clés

La socialisation selon le genre correspond à l’intégration de valeurs et de normes différentes entre les filles et les garçons.

Le capital culturel est une notion de P. Bourdieu qui désigne les diplômes, les connaissances (langage, capacités intellectuelles, savoir, etc.) ainsi que la possession d’objets culturels (livres, etc.).

2  Les stratégies scolaires des familles

Selon Raymond Boudon (1934‑2013), les ménages adoptent des stratégies scolaires fondées sur un calcul coûts-avantages. Les coûts sont associés au prix des études mais aussi à leur difficulté, alors que l’avantage consiste à obtenir un diplôme supérieur à celui des parents et donc à connaître une promotion sociale.

Les ménages aisés, dont les enfants ont statistiquement les meilleures chances de réussite scolaire, encouragent davantage leurs enfants à poursuivre des études longues et coûteuses contrairement aux familles les moins favorisées.

Les choix de résidence varient en fonction des origines sociales et jouent un rôle important dans l’orientation et la réussite scolaire. Les familles des milieux favorisés adoptent des stratégies pour contourner la carte scolaire et scolariser leurs enfants dans les meilleurs établissements, accentuant ainsi la ségrégation spatiale et scolaire.

II Le rôle de l’École dans les inégalités scolaires

1  La reproduction des inégalités scolaires

Selon Pierre Bourdieu, les enseignants ont tendance à valoriser la culture des classes dominantes. Eux-mêmes sont souvent issus de ces classes et doivent leur réussite à la mobilisation de cette culture dans leurs études. Dès lors, ils ont tendance à évaluer les élèves selon leur maîtrise de cette culture, privilégiant ainsi les élèves issus des classes dominantes. S’opérerait alors une « violence symbolique » sur les élèves, qui conduirait les moins « performants » à intérioriser le sentiment d’une certaine infériorité sociale.

2  Le contexte scolaire

À l’échelle de chaque établissement (« effet établissement », c’est-à-dire l’efficacité propre à chaque établissement) et de chaque enseignant (« effet maître »), certaines pédagogies peuvent être plus favorables à la progression des élèves que d’autres et ont une efficacité différente selon les élèves. Certaines ambiances de classes (« effet classe ») peuvent être également plus propices à l’apprentissage. Pour chaque effet, les établissements des zones favorisées sont privilégiés en raison de classes plus calmes, de professeurs plus expérimentés, etc.

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Part des femmes en % dans l’enseignement supérieur (2017)

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Champ : France métropolitaine + DOM.

Source : MESRI-SIES.

Les femmes sont sur-représentées dans les formations paramédicales et ­sociales. Leur nombre augmente dans les filières scientifiques, mais elles ne représentent que 27 % des étudiants en écoles d’ingénieurs. Elles s’orientent moins souvent vers les filières scientifiques valorisées sur le marché du travail.