Les facteurs de mobilité sociale

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Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Classes, stratification et mobilité sociales
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Les facteurs de mobilité sociale

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Quels sont les déterminants de la mobilité et de la reproduction sociale ?

1Mobilité structurelle et démocratisation de l’école

 La mobilité structurelle a favorisé l’égalité des chances. Depuis les Trente Glorieuses (1945-1973), les offres d’emploi de cadres et professions intermédiaires se sont accrues (15,7 % de la population active en 1962, contre 41 % en 2011). Ainsi, les fils de milieux populaires ont pu accéder aux professions d’encadrement : en 2008, 32 % des enfants d’ouvriers étaient cadres, contre 13 % en 1982.

 La mobilité sociale s’explique aussi par la démocratisation de l’école. Celle-ci a permis de répondre aux besoins structurels de l’économie, à savoir plus de main-d’œuvre qualifiée et diplômée (ingénieurs, techniciens, cadres administratifs et commerciaux…). C’est un phénomène à la fois quantitatif (71,6 % d’une génération a obtenu le baccalauréat en 2011, contre 25,9 % en 1980) et qualitatif (la réussite scolaire est moins dépendante de l’origine sociale).

2L’école reproduit les positions sociales

 Les chances d’accès à des diplômes secondaires et supérieurs restent très inégales en fonction de l’origine sociale. Un exemple : en 2011, 50,9 % des étudiants inscrits en classe préparatoire des grandes écoles (cpge) ont des parents cadres ou exerçant une profession libérale.


citation « [L’]école traite comme "égaux en droits" des individus "inégaux en fait" c’est-à-dire inégalement préparés par leur culture familiale à assimiler un message pédagogique. » P. Bourdieu, 1966

 Selon Pierre Bourdieu, l’école reproduit les structures sociales (>dépliant,IX). Le capital culturel que les parents transmettent aux enfants est un déterminant essentiel de la réussite scolaire. Il est, dans les milieux aisés, très proche de la culture scolaire : les exigences et les valeurs sont souvent les mêmes. Le capital social constitue un atout supplémentaire car les parents peuvent activer leurs réseaux sociaux pour favoriser un meilleur choix d’orientation.

 Selon Raymond Boudon, les stratégies familiales ont un rôle important dans la persistance des inégalités scolaires. Pour les familles modestes, le coût de la scolarité est élevé, alors qu’elles ne perçoivent pas toujours les avantages d’un supplément de scolarité. Elles limitent donc la durée d’études. Les familles aisées, en revanche, ne sont pas freinées par le coût de la scolarité et favorisent les études longues pour maintenir le niveau social familial. Il y a donc un choix stratégique coûts/avantages.

3L’école n’est pas le seul facteur de mobilité sociale

ALe paradoxe d’Anderson

 En 1961, le sociologue américain Charles Anderson a montré qu’un fils peut avoir un niveau de diplôme supérieur à son père sans pour autant occuper une position sociale supérieure : 47 % des fils ayant un diplôme plus élevé que celui de leur père ont un statut égal ou inférieur à lui. C’est le paradoxe d’Anderson : le diplôme ne suffit plus à expliquer la mobilité sociale.

 Cette dévalorisation des diplômes sur le marché du travail s’explique par le décalage entre la croissance du nombre de diplômés et l’augmentation plus faible du nombre d’emplois correspondant à ce niveau de qualification. Elle est source de déclassement.

BL’effet de dominance

 À diplôme égal, les jeunes issus de milieux aisés bénéficient en général d’une position sociale plus élevée que ceux issus des classes populaires.

 Les diplômés d’origine modeste ne disposent pas du capital social permettant d’accéder à des emplois supérieurs.

Conclure

La démocratisation de l’école a accru la mobilité ascendante, mais la progression de l’égalité des chances reste limitée car la réussite scolaire et l’accès à un emploi qualifié restent inégaux selon les milieux sociaux.

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