Les formes de l’argumentation indirecte

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Classe(s) : 1re ES - 1re L - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : La question de l'homme dans les genres de l'argumentation
 
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Les formes de l’argumentation indirecte
 
 

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L’argumentation indirecte relève de la persuasion et passe par le récit. De manière générale,?on?appelle «?apologue?» les récits brefs de fiction à?visée argumentative.

1La fable

ADéfinition

? Les termes fable (du latin fabula, «?parole?») et apologue (du grec apologos, «?discours sur quelque chose, narration?») sont employés de manière synonymique. On le voit dans cette définition de La Fontaine?:

 

L’apologue est composé de deux parties, dont on peut appeler l’une le Corps, l’autre l’Âme. Le Corps est la Fable?; l’Âme, la Moralité.

? Le récit s’organise autour d’animaux, de végétaux, ou d’hommes. Il peut être lu au premier degré, mais il a un sens second, souvent à caractère moral, que le lecteur doit déchiffrer. L’apologue a donc une visée didactique.

? On analyse le récit (ou fable proprement dite) comme un exemple argumentatif et la moralité comme la thèse.

BLes fabulistes

? Les apologues du grec Ésope (vie?siècle av. J.-C.), sont écrits en prose. Le poète latin Phèdre s’en inspire et écrit des recueils de fables en vers.

?La Fontaine puise chez eux la plupart de ses sujets mais aussi chez le fabuliste perse Pilpay. Il choisit le vers (souvent hétérométrique) et veut rendre les fables plaisantes tout en conservant leur caractère didactique.

 

Je chante les héros dont Esope est le père,

Troupe de qui l'histoire, encor que mensongère,

Contient des vérités qui servent de leçons.

Tout parle en mon ouvrage, et même les poissons?:

Ce qu'ils disent s'adresse à tous tant que nous sommes?;

Je me sers d'animaux pour instruire les hommes.

Jean de La Fontaine, Fables, Livre?I, 1668.

? Au xxe?siècle, certains auteurs s’amusent à la réécriture des fables, souvent pour en détourner le sens et la moralité.

2Le conte philosophique

? Comme le conte, c’est un texte court. Les personnages sans épaisseur psychologique incarnent une idée ou un comportement.

? Le conte philosophique développe, en passant par le récit, des idées qui pourraient aussi bien faire l’objet d’un essai philosophique. Ainsi, dans Candide, Voltaire se moque du philosophe Leibniz et de sa conception de l’optimisme.

? De plus, la trame narrative est prétexte à passer en revue les grands thèmes sur lesquels porte la réflexion des philosophes des Lumières?: fanatisme, intolérance, monarchie, esclavage, religion…

3L’utopie

? En grec, topos signifie «?lieu?», u- peut renvoyer au préfixe privatif ou, ou au préfixe eu («?bien?»)?: l’utopie se définit donc comme un monde idéal et heureux dans un non-lieu, c’est-à-dire qui ne saurait exister.

? L’utopie est un genre qui suit des règles précises. Le récit se déroule dans un lieu clos. Cette clôture permet de mettre en scène un monde isolé, autonome qui, privé du contact avec notre monde, a développé sa propre organisation, ses propres valeurs et ses propres règles.

? Le monde de l’utopie inverse nos règles et nos valeurs pour mieux en démontrer l’inanité. Sa fonction est avant tout critique. Elle permet une réflexion philosophique et politique.

?Thomas More fonde le genre en écrivant L’Utopie (1516). Du xvie au xviiie?siècle, les utopies tendent à démontrer qu’il peut exister une organisation sociale autre, bénéfique à l’homme et dont il serait bon de s’inspirer (Rabelais, Montesquieu, Voltaire…).

? Au xxe?siècle, des auteurs comme Orwell et Huxley écrivent des contre-utopies. Les caractéristiques narratives sont les mêmes que dans l’utopie, mais le monde représenté est un monde totalitaire.

Conclure

La fable délivre, de manière plus ou moins explicite, une?moralité. Le conte philosophique et l’utopie ne délivrent pas forcément de moralité, mais demandent une lecture au?second degré pour bien en comprendre le sens.

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