Les genres de la littérature d'idées

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Classe(s) : 2de | Thème(s) : La littérature d'idées et la presse, du XIXe au XXIe siècles


La littérature d’idées peut prendre des formes très différentes : elle se développe dans des genres proprement argumentatifs, mais peut aussi apparaître dans d’autres genres.

I Les genres proprement argumentatifs

1 Le genre de l’essai

À noter

C’est Montaigne qui invente le genre au xvie siècle : ses Essais sont une œuvre foisonnante, sans ordre apparent, parcourue de digressions.

L’essai est un texte argumentatif en prose dans lequel l’auteur expose directement son point de vue, et le défend à l’aide d’arguments et d’exemples.

À partir du xviie siècle, l’essai prend une dimension objective et une apparence rigoureuse ; lorsqu’il vise à l’exhaustivité, il se rapproche du traité. Il reste, du xixe au xxie siècle, le genre privilégié de la littérature d’idées.

2 Les genres polémiques

Le pamphlet est un écrit bref qui met en jeu la tonalité polémique, comme lorsque Hugo s’attaque à Napoléon III dans Napoléon le petit, en 1852.

La satire vise à dénoncer les vices des hommes ; proche du pamphlet, elle est néanmoins plus moqueuse et plus développée. Victor Hugo publie aussi un recueil satirique contre Napoléon III en 1852 : Les Châtiments.

3 Les genres de l’éloquence

Certains textes argumentatifs s’inspirent de l’éloquence judiciaire : ils ressemblent à une plaidoirie ou un plaidoyer lorsqu’ils exposent des arguments en faveur d’une personne, d’une institution ou d’une idée, à un réquisitoire lorsqu’ils s’y opposent, voire les accusent.

De même, la littérature s’inspire parfois de la rhétorique politique : elle mime son éloquence dans le discours, ou met en scène le débat délibératif dans le dialogue.

4 Les genres journalistiques

Avec le développement de la presse aux xixe et xxe siècles, de nouveaux genres argumentatifs apparaissent, qui dépendent directement de l’écriture journalistique.

La lettre ouverte est un article souvent polémique, qui prend l’apparence d’une lettre publique, par exemple « J’accuse… ! » publié par Zola dans le journal L’Aurore en 1898.

La tribune est, dans un journal, un espace réservé à l’expression libre et publique d’idées laissées à la responsabilité de leur auteur.

L’éditorial est un article qui émane de la direction même du journal ; à ce titre, il est souvent plus engagé qu’un simple article.

La chronique est une rubrique tenue par un auteur à un rythme régulier de publication, par exemple sur l’actualité littéraire.

5 Les genres du débat esthétique

Dans les débats esthétiques, les écrivains exposent leurs convictions dans des genres spécifiques, en particulier :

– la préface, qui précède l’œuvre proprement dite en explicitant ses enjeux, comme la Préface de Cromwell de Hugo, en 1827 ;

– le manifeste, qui expose les conceptions littéraires d’un mouvement, comme le Manifeste du surréalisme de Breton, en 1924.

II L’argumentation dans les autres genres littéraires

Des passages de romans peuvent donner lieu à de véritables argumentations. C’est en particulier le cas du roman à thèse : dans Le Dernier Jour d’un condamné (1829) par exemple, Hugo met le récit au service de son combat contre la peine de mort.

La poésie peut elle aussi prendre une dimension argumentative, par exemple dans le cadre de la poésie engagée ou didactique.

Au théâtre, les monologues délibératifs ont une évidente dimension argumentative ; les dialogues, quant à eux, permettent de confronter des thèses opposées et d’incarner le débat d’idées, comme dans Les Mains sales de Sartre (1948).