Les limites de l’analyse néoclassique du marché du travail

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Classe(s) : Tle ES | Thème(s) : Travail, emploi, chômage
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Les limites de l’analyse néoclassique du marché du travail

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Pourquoi l’analyse néoclassique du marché du travail est-elle insuffisante pour expliquer le chômage ?

1La segmentation du marché du travail

Si, pour les néoclassiques, il n’existe qu’un marché du travail, la réalité est plus complexe. Il existerait en fait plusieurs marchés du travail cloisonnés. Certaines analyses mettent ainsi en évidence le dualisme du marché du travail.

ALe marché primaire

 Il est constitué des emplois salariés typiques : temps complets avec un employeur unique, contrats de travail à durée indéterminée (cdi), relative stabilité et sécurité de l’emploi, et nombreux avantages (salaires élevés, promotions, avantages sociaux).

 On note sur ce marché une surreprésentation des actifs masculins, de plus de 25 ans et de nationalité française. Le niveau de qualification est relativement élevé et les actifs disposent d’expérience professionnelle.

BLe marché secondaire

chiffres clés En 2012, 50,3 % des moins de 25 ans ayant un emploi occupent un emploi précaire, contre 12 % pour l’ensemble des actifs.

 On trouve sur ce marché les salariés qui occupent des formes particulières d’emploi : emplois précaires (intérim, cdd, contrats aidés et apprentissage) et à temps partiel, et qui cumulent des désavantages (salaires faibles, pas d’ancienneté, peu d’avantages sociaux, insécurité de l’emploi).

 Les salariés concernés par le marché secondaire sont des femmes, des actifs jeunes et/ou d’origine étrangère. Ils ont souvent un faible niveau de qualification et une expérience professionnelle inexistante ou insuffisante.

2La loi du marché n’explique pas la fixation des salaires

ALes rigidités sur le marché du travail

Si, pour les néoclassiques, le salaire est déterminé par la confrontation entre offre et demande de travail, il semble qu’il existe des rigidités dans la fixation des salaires.

 L’intervention croissante de l’État constitue une entrave au libre fonctionnement des marchés.

 Cette intervention prend plusieurs formes (compromis fordiste, instauration de conventions collectives, fixation d’un salaire minimum, indexation des salaires sur l’inflation…) et expliquerait la rigidité à la baisse des salaires et le chômage, le salaire réel étant fixé à un niveau supérieur au salaire d’équilibre.

BUne information imparfaite

La rigidité des salaires peut aussi s’expliquer par l’asymétrie de l’information.

 Sur le marché du travail, contrairement à une des hypothèses de la cpp, l’information n’est pas parfaite. C. Shapiro et J. E. Stiglitz ont montré que, dans le cas du contrat de travail, le salarié connaît mieux l’effort productif qu’il fournit que son employeur. Par conséquent, l’entreprise peut avoir intérêt à verser des salaires plus élevés que le salaire d’équilibre pour inciter les salariés à être plus productifs. L’information imparfaite génère un salaire d’efficience rigide plus élevé que celui versé en information parfaite (>dépliant,X).

 Ce n’est pas la productivité qui détermine le salaire (comme chez les néoclassiques) mais le salaire qui détermine la productivité ; ceci justifie l’existence de salaires rigides élevés. Le niveau de salaire n’obéit pas à une logique de marché résultant de la confrontation d’une offre et d’une demande de travail mais obéit à des impératifs d’efficacité productive.

Conclure

L’analyse néoclassique du chômage repose sur l’hypothèse selon laquelle le marché du travail est un marché de concurrence pure et parfaite (CPP). Mais l’hétérogénéité du facteur travail et la présence de rigidités dans la fixation des salaires remettent en cause cette analyse.

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