Les Misérables, la fresque d’une époque

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Classe(s) : Séries tertiaires - Séries industrielles | Thème(s) : L'itinéraire d'un héros de roman

Ce roman est la fresque d’une époque. En observateur de la société, Hugo non seulement la décrit mais l’utilise comme un instrument de dénonciation politique et sociale, et y développe à travers le personnage de Jean Valjean sa vision humaniste de l’homme et des voies de la rédemption.

A Un roman social et politique

Les Misérables est une description de la société dans laquelle vit Victor Hugo avec :

une dénonciation de la misère et de son engrenage avec l’itinéraire de Fantine, la mère de Cosette ;

une plongée dans la pauvreté et l’exode rural, avec les Thénardier ;

une dénonciation politique, dans laquelle le romancier montre ses aspirations républicaines ;

mais aussi une dimension métaphysique et chrétienne dans la rédemption de Jean Valjean.

B Un roman épique

Les Misérables comporte des fresques épiques qui tiennent en haleine le lecteur. De grands passages le plongent dans cet univers : qu’il s’agisse de la description de la bataille de Waterloo ou de l’épisode des barricades de l’émeute de 1832 qui entraîne la mort de Gavroche, ou encore de la fuite par les égouts de Paris, pour sauver Marius, le fiancé de Cosette, la fille adoptive de Jean Valjean.

Le registre épique s’inscrit donc dans la continuité de la tradition antique où l’on racontait les actions des héros. Cela permet à l’auteur de faire comprendre les buts du héros et de justifier ses actes. Le registre épique permet ainsi de mettre en valeur :

les qualités héroïques d’un personnage ;

les enjeux essentiels et parfois vitaux auxquels il est confronté ;

la dimension dramatique de la situation.

Le registre épique fait appel à de nombreuses figures de style qui suscitent et stimulent l’imagination, parmi lesquelles on peut citer :

la comparaison qui met deux éléments sur le même plan grâce à un outil de comparaison (comme, tel que…). Exemple : « Il est rouge comme une tomate ». La métaphore reprend la même logique mais sans utiliser d’outil de comparaison ;

la personnification qui consiste dans l’attribution de comportements humains à un animal, un objet, voire un phénomène ou une idée. Exemple : « La rue assourdissante autour de moi hurlait » (« À une passante », Baudelaire) ;

la métonymie, qui associe un tout à une partie de celui-ci. Exemple : « dévorer son assiette ». Ce n’est pas l’objet que l’on dévore, mais son contenu ;

la synecdoque, qui est l’évocation d’une partie de l’objet pour désigner cet objet. Exemple : « il regardait les voiles s’éloigner », c’est-à-dire les bateaux ;

l’hyperbole, figure élogieuse ou péjorative qui crée une impression d’exagération. Exemple : « C’est divin » ;

la gradation qui fait monter en puissance une impression, un sentiment. Exemple : « Va, cours, vole… ».

C L’histoire et les personnages

Jean Valjean, accusé d’avoir volé du pain, a été condamné par la justice et envoyé au bagne. Errant et sans ressource, il est accueilli par l’évêque de Digne, qui lui offre le gîte et le couvert. Dans la nuit, Jean Valjean lui dérobe quelques pièces d’argenterie. De nouveau arrêté par les gendarmes en possession de ces pièces, il est cependant disculpé par l’évêque qui affirme lui avoir donné ces objets.

Touché par la bonté et la générosité de cet homme, Jean Valjean rentre dans le droit chemin et devient honnête : il change d’identité, s’installe dans le Nord de la France et devient riche tout en venant en aide aux plus démunis. Mais il est poursuivi par un ennemi implacable, l’inspecteur Javert.

Jean Valjean recueille une petite fille, Cosette, mise en pension chez les Thénardier, aubergistes, qui la maltraitent. Sa mère, Fantine, s’est tuée au travail pour connaître bientôt une déchéance inexorable, afin de payer la pension de sa fille. Cosette devient la raison de vivre de Jean Valjean qui la traite comme sa propre fille. Celle-ci tombe amoureuse d’un jeune homme de bonne famille, Marius.

Toujours harcelé par le policier Javert, Jean Valjean lui sauve la vie lorsque survient l’épisode des barricades en 1832. Il le laisse s’échapper alors que la foule réclame sa mort, et sauve la vie de Marius après une redoutable traversée des égouts de Paris. Le jeune homme, ignorant qu’il doit la vie à Jean Valjean, et ayant découvert l’histoire de l’ancien forçat, n’a de cesse, dans un premier temps, d’éloigner la jeune fille de son père adoptif.

Javert ne pourra se résigner à arrêter l’homme qui lui a sauvé la vie : déchiré par le remords de ne pas avoir accompli malgré tout son devoir de policier, il se suicide. Marius qui, depuis, a appris la véritable histoire, revient vers Jean Valjean avec Cosette. Jean Valjean meurt heureux, presque comme un saint.