Les mouvements littéraires

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Classe(s) : 1re ES - 1re L - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
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Les mouvements littéraires

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Récap’ express

À quoi sert l’histoire littéraire ?

 Il est souvent difficile de comprendre les textes du passé : la langue, le contexte ont changé ; les préoccupations, les valeurs, ne sont plus les mêmes. Pour comprendre les œuvres, nous avons besoin de les resituer dans leurs contextes, dans leurs combats, qu’ils soient proprement littéraires ou qu’ils dépassent la littérature : guerres de religion par exemple.

 D’autre part, un écrivain n’est jamais seul : son œuvre se nourrit de ses lectures, il subit des influences, qu’il les revendique ou non ; il s’oppose à certains : ce réseau de sens est impossible à comprendre si le lecteur n’a pas une vision large et des connaissances sur le mouvement auquel appartient l’auteur.

Qu’est-ce qu’un mouvement littéraire ?

Vous avez trouvé le moyen de rajeunir le romantisme. Vous ne ressemblez à personne (ce qui est la première de toutes les qualités).

Gustave Flaubert, Correspondance, 1857.

Flaubert, dans une lettre élogieuse adressée à Baudelaire, commenteLes Fleurs du mal. Il met à jour un paradoxe : s’il fait référence au romantisme, c’est qu’il y trouve des points communs avec le travail deBaudelaire, et pourtant il vante l’originalité du poète. Comment définir alors le mouvement littéraire ?

Esquissons une réponse :

 Un mouvement littéraire est le lieu où s’opère la transformation d’une esthétique, de normes, en fonction de l’époque dans laquelle il s’inscrit.

 Un certain nombre d’œuvres occupent différemment l’espace littéraire (remise en questions des genres et des codes, nouvelles manières de penser et de s’exprimer, par exemple) : selon le cas, leurs auteurs se regroupent et revendiquent leur appartenance à une école (manifestes, préfaces… en sont les marques) ou on leur reconnaît, et souvent a posteriori, des traits communs (esthétiques et idéologiques) qui permettent de les penser comme un tout.

Des frontières mouvantes

Le massif romanesque du dix-neuvième siècle, tel qu’on en découvre en 1978 le panorama, avec ses trois sommets neigeux : Balzac – Stendhal – Flaubert, et, un peu inférieur en altitude, le pic Zola, n’avait pas tout à fait, au temps de mes études, la même configuration (Stendhal n’y prenait place que pour les yeux exercés, et Daudet y figurait presque). Il n’est pas impossible, loin de là, qu’il change encore sensiblement d’aspect dans les vingt années à venir.

Julien Gracq, En lisant, en écrivant, 1980.

attention ! Les frontières entre les mouvements littéraires sont mouvantes, et les raisons d’y classer les auteurs fluctuent en fonction de l’avancée des connaissances et des nouvelles lectures que l’on peut fait faire des auteurs.

Oppositions ou continuité ?

 Un exemple de mouvement qui entre violemment en conflit avec ceux qui le précèdent :

On croit le moment bon pour le dire avec sincérité et avec naïveté : à cette heure il y a deux classes d'écrivains, ceux qui ont du talent, — les Symbolistes ; ceux qui n'en ont pas, — les autres.

Rémy de Gourmont, Le Symbolisme, 1892.

 Un exemple de mouvement qui en prolonge un autre, Maupassant, classé comme naturaliste, utilise le mot « réaliste » pour définir sa conception du roman :

Le réaliste, s'il est un artiste, cherchera, non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même.

Guy de Maupassant, Préface de Pierre et Jean, 1887.

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