Les nouvelles routes de la soie

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Classe(s) : 1re Générale | Thème(s) : Fondements et formes de la puissance : approche historique et géopolitique
 

En 2013, Xi Jinping devient président de la Chine et ambitionne de faire de son pays la première puissance mondiale en 2050. Pour atteindre son objectif, il lance un gigantesque projet d’infrastructures de transports surnommé les « nouvelles routes de la soie ».

I Résoudre des problèmes internes chinois

1 Assurer le bien-être de la population

Depuis 1949, la Chine est un régime totalitaire. Pour se maintenir au pouvoir, ses dirigeants doivent assurer un niveau de vie convenable à la population afin de compenser le manque de libertés.

Mais à la différence des États-Unis et de la Russie, la Chine ne dispose pas d’un territoire capable de fournir en quantité suffisante nourriture et ressources énergétiques. Elle doit donc s’approvisionner en matières premières à l’étranger.

2 La « route » terrestre

mot clé

L’expression « routes de la soie » désigne le réseau de routes commerciales qui exista entre l’Asie et l’Europe, attestées à partir du iie siècle avant J.-C. et jusqu’aux Grandes Découvertes du xve siècle.

Pour ce faire, le président Xi Jinping lance en 2013 un projet de « nouvelles routes de la soie ». En 2017, celui-ci prend le nom d’« initiative de la ceinture et de la route » (Belt and Road Initiative ou BRI).

La « route » se matérialise en particulier par une voie ferrée de 11 000 kilomètres reliant Wuhan à Duisbourg en Allemagne. Elle permet aux Chinois de s’approvisionner au Kazakhstan en pétrole et terres rares et d’acheter des produits agricoles de luxe (Cognac, Champagne) en Europe.

II Assurer sa supériorité économique

1 Accroître ses exportations

Deuxième puissance économique mondiale, la Chine fonde son développement sur la production et l’exportation de biens manufacturés à bas prix.

Pour continuer à assurer sa croissance, le pays a donc besoin de s’insérer toujours plus dans les échanges commerciaux internationaux.

2 Une « ceinture » maritime

La « ceinture » désigne le réseau de ports et de bases militaires alliés ou soumis aux intérêts chinois dans l’océan Indien, en mer Rouge et en Méditerranée. L’objectif est d’assurer la sécurité des convois exportant les produits chinois.

Des zones franches sont créées dans ces ports afin de produire et de stocker les marchandises chinoises. En 2016, le port du Pirée à Athènes passe même sous le contôle d’une entreprise chinoise.

III Contrôler de nouveaux territoires

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Créée en 2014, la BAII a vocation à concurrencer le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale en tant qu’organisme international de crédit.

Situées pour la plupart dans des pays en développement, les infrastructures de la BRI sont financées par la Chine via la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII).

Or les gouvernements des pays concernés ne peuvent pas toujours rembourser leurs créances et se voient contraints de céder le contrôle des infrastructures à la Chine. C’est le cas du port en eau profonde à Colombo (Sri Lanka) en 2017.

Cette asymétrie des rapports entre la Chine et ses partenaires a valu à Pékin de nombreuses critiques, dénonçant une forme de néocolonialisme et une prise de contrôle de territoires souverains.

 

Zoom

Des corridors économiques de développement

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Depuis 2013, la Chine a construit six corridors économiques de ­développement. Ce sont des ensembles d’infrastructures (autoroutes, voies ferrées, gazoducs et oléoducs) qui facilitent la circulation des personnes et des marchandises.

Dans le cadre de la BRI, ils permettent la mise en relation de la Chine et ­d’espaces économiques stratégiques tels l’Europe occidentale, l’Asie du Sud, l’Asie du Sud-Est, la Russie et le Moyen-Orient.

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