Les outils de l'argumentation

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Classe(s) : 2de | Thème(s) : La littérature d'idées et la presse, du XIXe au XXIe siècles


Pour étudier la littérature d’idées, il faut analyser la dimension argumentative du texte, c’est-à-dire déterminer les objectifs qu’il poursuit, repérer ses principaux arguments, et plus largement définir la stratégie qu’il met en place pour atteindre son but.

I Les visées du texte argumentatif

La littérature d’idées peut chercher à démontrer, à convaincre ou à persuader.

Lorsqu’on démontre une thèse, on en prouve la véracité par des éléments irréfutables. La démonstration est rationnelle et logique ; ses conclusions sont indiscutables.

Lorsqu’on convainc quelqu’un, on l’amène à reconnaître rationnellement que l’opinion que l’on défend est juste. La différence avec la démonstration est que la thèse n’est pas irréfutable.

Lorsqu’on persuade quelqu’un, on l’amène à reconnaître par le biais de sa sensibilité que l’opinion que l’on défend est juste. La persuasion néglige les arguments logiques pour faire appel à l’émotion du destinataire.

II Les éléments du texte argumentatif

Dans le cadre de la littérature d’idées, il est essentiel de savoir repérer le thème, la thèse, les arguments et les exemples du texte argumentatif.

Le thème est le sujet de l’argumentation ; c’est la question à laquelle le locuteur répond à travers sa thèse.

La thèse est la proposition que défend le locuteur (que ce soit l’auteur du texte ou un personnage fictif) ; elle constitue l’idée fondamentale du texte. On distingue plus précisément la thèse soutenue (celle que défend le locuteur) et la thèse rejetée ou antithèse (celle que défendent ses adversaires et que le locuteur cherche à réfuter).

À noter

Parfois, le locuteur utilise des arguments de mauvaise foi (qu’il sait non fondés ou faussement logiques).

L’argument est une proposition donnée comme vraie, qui permet au locuteur de prouver le bien-fondé de sa thèse ou de réfuter la thèse adverse (on parle alors de contre-argument).

L’exemple est un élément concret, venant illustrer l’argument pour convaincre pleinement le destinataire. Il soumet thèse et arguments à l’épreuve de faits avérés.

III Les stratégies argumentatives

Pour convaincre son destinataire, le locuteur peut adopter des stratégies diverses.

1 Employer un raisonnement logique

Le raisonnement par induction part de l’exemple et des faits particuliers pour parvenir à la vérité générale.

Le raisonnement par déduction, à l’inverse, part d’une vérité générale pour justifier une conclusion particulière.

2 S’appuyer sur un argument d’autorité

Pour soutenir son argumentation, on peut citer les propos d’une personnalité ou un passage d’un ouvrage dont tout le monde reconnaît l’autorité dans le domaine en question : on parle alors d’un argument d’autorité.

L’argument d’autorité peut aussi prendre la forme d’un proverbe ou d’un lieu commun, qui sont censés être l’expression d’une sagesse partagée par tous.

3 Prendre en compte la thèse adverse

Le raisonnement concessif donne raison à l’adversaire sur quelques points, avant de réfuter l’essentiel de son argumentation.

Le raisonnement par l’absurde fait mine d’adopter la thèse adverse pour en tirer des conséquences ridicules ; cela permet au locuteur de montrer que l’idée de départ, autrement dit la thèse adverse, est illogique.

L’ironie prend aussi en compte la thèse adverse : elle feint d’adopter les arguments de l’adversaire pour mieux les tourner en dérision.

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Repérer l’ironie dans un texte

L’ironie consiste à faire entendre autre chose que ce que l’on dit : il est donc fondamental de la déceler pour ne pas passer à côté du sens réel du texte.

La connaissance de l’auteur et du contexte est précieuse, mais on peut également s’appuyer sur le repérage de divers procédés.

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