Les paroles rapportées

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Classe(s) : 2de | Thème(s) : Analyser une phrase, un énoncé


Un locuteur peut insérer dans son énoncé les paroles prononcées par quelqu’un d’autre. Prenons l’exemple de ce passage d’«Un Cœur simple » de Flaubert pour étudier ce procédé.

Aussitôt il parla des récoltes et des notables de sa commune, car son père avait abandonné Colleville pour la ferme des Écots, de sorte que maintenant ils se trouvaient voisins. « Ah ! » dit-elle. Il ajouta qu’on désirait l’établir. Du reste, il n’était pas pressé, et attendait une femme à son goût ; elle baissa la tête. Alors il lui demanda si elle pensait au mariage.

Gustave Flaubert, Trois Contes, « Un Cœur simple » (1877)

      discours direct       discours indirect libre

      discours indirect       discours narrativisé

I Le discours direct

Le discours direct reproduit les propos tels qu’ils ont été prononcés : il conserve donc les marques de l’énonciation originelle et le type de phrases (déclaration, exclamation ou interrogation).

Ces propos sont en général introduits par un verbe de parole, qui peut prendre la forme d’une proposition incise à l’intérieur du discours rapporté. Ils sont isolés du reste de l’énoncé par l’usage de guillemets.

L’interjection « Ah ! » est rapportée au discours direct, avec la vivacité de l’exclamation. Elle est introduite par les guillemets et par le verbe de parole « dit-elle ».

II Le discours indirect

Le discours indirect rapporte les propos en les insérant dans l’énoncé sous la forme d’une proposition subordonnée, introduite par un verbe de parole ou de pensée ; les guillemets disparaissent.

La subordination entraîne plusieurs transformations dans les paroles rapportées :

– les pronoms personnels sont transposés en fonction de la personne du verbe introducteur (Il a dit : « Je viendrai » devient Il a dit qu’il viendrait) ;

– les indices de lieu et de temps sont coupés de la situation d’énonciation originelle (demain devient le lendemain) ;

– le verbe de la subordonnée doit suivre les règles de la concordance des temps, en fonction du verbe de la principale ;

– les marques d’expressivité, l’exclamation et les mots réservés à la communication orale (comme oui ou non) disparaissent ;

– l’interrogation directe devient une subordonnée interrogative indirecte.

« Il lui demanda : “Penses-tu au mariage ?” » devient ainsi : « Il lui demanda si elle pensait au mariage. »

III Le discours indirect libre

Comme le discours indirect, le discours indirect libre intègre à l’énoncé les propos rapportés, sans guillemets ; il transforme les marques de la situation d’énonciation et les temps verbaux. Mais comme le discours direct, il ne comporte aucune subordination et conserve les marques d’expressivité.

« Du reste, il n’était pas pressé, et attendait une femme à son goût » est rapporté au discours indirect libre. Transposé au discours direct, ce passage donnerait : « Du reste, je ne suis pas pressé, et j’attends une femme à mon goût. »

IV Le discours narrativisé

Le discours narrativisé ne rapporte pas les propos tenus, mais en résume l’idée principale par un verbe de parole, de pensée ou de jugement.

« Aussitôt il parla des récoltes et des notables de sa commune » rapporte de façon allusive les propos du personnage masculin.

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