Les paroles rapportées

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Classe(s) : 2de | Thème(s) : La phrase, le texte, le discours
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Les paroles rapportées

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Un locuteur peut insérer dans son énoncé les paroles prononcées par quelqu’un d’autre. Prenons l’exemple d’une fable de La Fontaine pour étudier ce procédé.

[…] Il met bas son fagot, il songe à son malheur.

Quel plaisir a-t-il eu depuis qu’il est au monde ?

En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?

Point de pain quelquefois, et jamais de repos.

Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,

Le créancier, et la corvée

Lui font d’un malheureux la peinture achevée.

Il appelle la Mort ; elle vient sans tarder,

Lui demande ce qu’il faut faire.

« C’est, dit-il, afin de m’aider

À recharger ce bois ; tu ne tarderas guère. »

[…]

Jean de La Fontaine, Fables, « La Mort et le Bûcheron », 1668-1694.


1Le discours direct

 Le discours direct reproduit les propos tels qu’ils ont été prononcés : il conserve donc les marques de l’énonciation originelle et le type des phrases (déclaration, exclamation ou interrogation).

 Ces propos sont en général introduits par un verbe de parole, qui peut prendre la forme d’une proposition incise à l’intérieur du discours rapporté. Ils sont isolés du reste de l’énoncé par des guillemets.

« C’est, dit-il, afin de m’aider

À recharger ce bois ; tu ne tarderas guère »

rapporte les paroles du bûcheron au discours direct.

2Le discours indirect

 Le discours indirect rapporte les propos en les insérant dans l’énoncé, sous la forme d’une proposition subordonnée introduite par un verbe de parole ou de pensée ; les guillemets disparaissent.

Le vers « Lui demande ce qu’il faut faire » contient du discours indirect ; au discours direct, on aurait :
« [La Mort] lui demande : “Que faut-il faire ?” »

 La subordination entraîne plusieurs transformations pour les paroles rapportées :

– les pronoms personnels sont transposés en fonction de la personne du verbe introducteur (Il a dit : « Je viendrai » devient Il a dit qu’il viendrait) ;

– les indices de lieu et de temps sont coupés de la situation d’énonciation originelle (demain devient le lendemain) ;

– le verbe de la subordonnée doit suivre les règles de la concordance des temps, en fonction du verbe de la principale ;

– les marques d’expressivité, l’exclamation et les mots réservés à la communication orale (comme oui ou non) disparaissent.

3Le discours indirect libre

Comme le discours indirect, le discours indirect libre intègre à l’énoncé les propos rapportés, sans guillemets ; il transforme les marques de la situation d’énonciation et les temps verbaux. Mais comme le discours direct, il ne comporte aucune subordination et conserve les marques d’expressivité.

 Ce système mixte est donc difficile à repérer.

Dans la fable, les pensées du bûcheron sont rapportées au discours indirect libre. Au discours direct, on aurait : « Quel plaisir ai-je eu depuis que je suis au monde ?” »

4Le discours narrativisé

 Le discours narrativisé ne rapporte pas les propos tenus, mais en résume l’idée principale par un verbe de parole, de pensée ou de jugement.

« Il appelle la Mort » rapporte de façon allusive les propos du bûcheron.

Conclure

Il faut être capable de distinguer les différentes formes de paroles rapportées, mais aussi de les utiliser soi-même, notamment dans le cadre de l’écriture d’invention.

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