Les prémices de la politique sociale

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Fiches
Classe(s) : Tle ST2S | Thème(s) : L'évolution des politiques sociales

A De la charité à la solidarité

Au Moyen Âge, le phénomène de la pauvreté touche de nombreuses personnes. Les plus démunis ne peuvent compter que sur le soutien de la famille ou des amis qui, bien souvent, se trouvent dans une situation similaire. Seules les instances religieuses se préoccupent de ce problème en faisant acte de charité. À cette époque, la solidarité n’est pas organisée et l’aide des religieux n’est pas stable. Elle dépend de la volonté, de la capacité et de la régularité des donateurs. Par ailleurs, l’objectif n’était pas de lutter contre la pauvreté mais de réaliser une bonne action dans le cadre de sa croyance.

Peu à peu, les pauvres ne supportent plus leurs conditions de vie et le font savoir à travers de nombreuses manifestations. Cette démarche inquiétant la noblesse, des mesures strictes sont prises : à partir du xviie siècle, on interdit le vagabondage et on enferme les mendiants et orphelins.

En 1656, le roi fait basculer l’Hôtel-Dieu situé à Paris dans le domaine public : les malades les plus pauvres seront désormais pris en charge par la monarchie, toujours dans le contexte de l’enfermement. Cette solidarité, totalement laïque et organisée par les autorités, se concrétise avec la création d’un impôt : le droit des pauvres. On assiste au développement de la solidarité, sans que celle-ci ne soit dictée par un principe religieux.

Définition

Solidarité : entraide représentée par la distribution de richesse des plus riches vers les plus pauvres.

B Les apports de la Révolution française

En 1789, la Révolution française marque un tournant pour la nation. La monarchie disparaît pour faire place à la démocratie, qui s’installe progressivement. Le peuple peut désormais s’exprimer et décide que la pauvreté ne peut et ne doit plus être une fatalité mais doit relever de la responsabilité de l’État. Il est donc impératif que chacun puisse jouir des mêmes droits en ayant la capacité d’évoluer socialement par le biais du travail, de la propriété de terrains agricoles, etc.

À savoir

Le 26 août 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen instaure les droits fondamentaux qui sont aujourd’hui encore immuables et inamovibles.

En 1793, l’Assemblée nationale reconnaît la responsabilité de l’État vis-à-vis des pauvres. Le premier véritable symbole de la lutte contre la pauvreté apparaît en 1796 avec la création des bureaux de bienfaisance, mis en place pour porter secours aux plus démunis à domicile. Ces services sont placés sous l’autorité du préfet et administrés par la commune. Dans un premier temps, leurs rôles sont mal définis et dans certains secteurs géographiques, la population n’y voit pas toujours d’utilité. Ils font place aux bureaux communaux à partir de 1820, qui deviennent, après la Seconde Guerre mondiale, les centres communaux d’action sociale (CCAS).

C Le travail comme outil de lutte contre la pauvreté

Au xixe siècle, le travail devient l’un des piliers de la lutte contre la pauvreté. À partir de 1864, les premières lois qui réglementent les conditions de travail ainsi que les relations employeurs-employés sont votées. C’est à cette période qu’émergent les représentants des salariés pour exprimer de manière plus structurée leurs revendications.

Les différents corps professionnels s’organisent en collectifs pour mettre en place une couverture sociale en cas de survenue d’un risque tel que la maladie, le décès, la perte d’emploi. On assiste progressivement à la concrétisation de la notion d’assurance. Les autorités publiques ne participent pas à l’organisation où à la gestion de ces dispositifs : ce n’est que plus tard que cette solidarité est institutionnalisée.