Les procédés narratifs du roman

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Classe(s) : Séries tertiaires - Séries industrielles | Thème(s) : L'itinéraire d'un héros de roman

Le roman, comme tout genre littéraire, dispose de plusieurs ressources afin d’intéresser son lecteur et de le tenir en haleine.

A Le schéma narratif

Le procédé traditionnel est le recours au schéma narratif pour raconter l’histoire. Celui-ci peut être comparé à un plan destiné à mettre en cohérence les différents éléments de l’histoire. Il se décompose en plusieurs étapes :

la situation initiale, c’est-à-dire la situation au moment où le lecteur entre dans l’histoire. Elle est contenue dans l’incipit qui présente les personnages principaux, le cadre spatio-temporel, le thème de l’ouvrage et les prémices de l’histoire ;

l’apparition d’un élément perturbateur qui vient troubler l’ordre des choses installé ;

les péripéties qui sont tous les évènements que déclenche l’introduction de l’élément perturbateur. Ces péripéties montent en puissance puis redescendent, ce qui permet au lecteur de comprendre que le problème pourra être résolu ;

la résolution (ou dénouement) : c’est le dernier évènement qui va finalement apporter la solution ;

la situation finale : elle marque soit un retour à la situation initiale, soit une nouvelle situation issue de ce qui précède ; elle peut être heureuse ou malheureuse. Certains auteurs se plaisent à ne pas donner de situation finale qui reste alors ouverte à toutes les suggestions et à toutes les hypothèses de la part du lecteur. Dans les romans importants, on l’appelle aussi excipit.

À savoir

Ce procédé appartient à tous les genres romanesques ; quelle que soit l’œuvre, il s’agit toujours pour l’auteur de définir ses personnages, de dessiner la trame de l’histoire et d’en imaginer la fin.

B La focalisation

On appelle focalisation l’angle sous lequel le narrateur aborde son récit : trois points de vue peuvent être abordés.

Le point de vue externe : c’est la neutralité dans la description, dans l’explication ou la narration.

Exemple

« Il avait beaucoup plu ; maintenant, les rues pavées et mouillées luisaient sous le soleil qui apparaissait. » La description est factuelle.

Le point de vue interne : le narrateur se met à la place du personnage qui interprète une situation. Le point de vue interne permet aussi indirectement à l’auteur de donner sa perception des sentiments de son personnage

Exemple

« Dans le vestibule, il y avait quatre portes ; il se sentit soudain inquiet, il soupçonna que chacune d’entre elles devait desservir les pièces de réception » : nous sommes dans la tête du personnage et percevons ses pensées, ce que nous indique le terme « soupçonna ». Enfin ses émotions sont montrées avec les termes « il se sentit inquiet ».

Le point de vue omniscient : le narrateur montre qu’il connaît la suite de l’histoire et en révèle une partie au lecteur.

Exemple

« Il regarda le vaste champ où jouait une ribambelle d’enfants, en pleine nature. Il ne se doutait pas alors que quarante ans plus tard, il contemplerait le même paysage, où seul désormais, manqueraient les enfants qui seraient pour la plupart partis tenter leur chance à la ville. » Différents indices montrent le point de vue omniscient. Le narrateur projette le lecteur plusieurs années après (« quarante ans après ») le promeneur est désormais seul, et le devenir des enfants est évoqué (« partis tenter leur chance à la ville »).