Les règles de la versification

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Classe(s) : 2de | Thème(s) : La poésie du XIXe au XXe siècle : du romantisme au surréalisme
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Les règles de la versification
 
 

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Elles concernent les rythmes et les sonorités du poème, et sont exploitées de façon créative par les poètes.

 

Je fais souvent / ce rêv(e) // étrang(e) / et pénétrant

D’une femm(e) / inconnu(e), // et que j’aim(e), / et qui m’aim(e),

Et qui n’est, / chaque fois, // ni tout à fait / la mêm(e)

Ni tout à fait / un(e) autr(e), // et m’aim(e) / et me comprend.

Paul Verlaine, « Mon rêve familier », Poèmes saturniens, 1866.

1Le vers

ALes types de vers

? On distingue les vers pairs, comme l’alexandrin (12 syllabes), le décasyllabe (10) ou l’octosyllabe (8) ; et les vers impairs, plus rares. Ici, Verlaine utilise l’alexandrin.

BLa mesure du vers

Le type de vers dépend du nombre de syllabes qu’il comporte. On doit tenir compte de quelques principes :

– l’e muet (ci-dessus entre parenthèses) s’élide en fin de vers (même lorsqu’il est suivi d’une marque de pluriel) et avant un mot commençant par une voyelle ou un h muet ;

– la diérèse permet de compter pour deux syllabes deux voyelles voisines, alors que la synérèse permet de compter pour une seule syllabe deux voyelles voisines.

CL’accentuation

? Vers simples (8 syllabes ou moins) et vers complexes (plus de 8 syllabes) comptent tous un accent fixe obligatoire sur la dernière syllabe prononcée.

? Les vers complexes comportent un second accent fixe, sur la quatrième syllabe pour le décasyllabe, sur la sixième syllabe pour l’alexandrin. Il détermine la place de la césure (notée //) qui se situe immédiatement après lui et qui partage le vers en deux hémistiches (« demi-vers »).

? À l’intérieur d’un vers simple, ou des hémistiches d’un vers complexe, un accent mobile (accent secondaire ou flottant) marque la dernière syllabe prononcée d’un groupe de mots. Sa place détermine celle de la coupe (notée /).

? Ainsi, le vers 2 se répartit en quatre mesures identiques 3/3//3/3. En revanche, le vers 1 est particulier. Il pourrait être scandé en 4/2//2/4, mais Verlaine fait comme si la césure n’existait pas et scande le vers en trois mesures égales (4/4/4)?: « Je fais souvent / ce rêve étrang(e) / et pénétrant », sur le modèle du trimètre romantique.

DEffets de rythme

? L’enjambement : un groupe syntaxique déborde le cadre du vers et se prolonge dans le vers suivant (comme entre le vers 3 et le vers 4).

? Le rejet : un élément court est repoussé dans le vers suivant. Le contre-rejet est le phénomène inverse.

2La rime

AQualité

? Elle dépend du nombre de sons que partagent les mots à la rime (le -e muet ne comptant pas). On distingue la rime :

pauvre (1 seul son commun) ;

suffisante (2 sons communs : pénétrant/comprend) ;

riche (3 sons ou plus : m’aim(e)/mêm(e)).

BDisposition

? Les rimes peuvent être :

plates ou suivies, lorsqu’elles suivent le schéma aabb ;

croisées sur le schéma abab ;

embrassées sur le schéma abba (comme ici).

3La strophe

? On identifie la strophe traditionnelle par le blanc typographique et par l’organisation des rimes. Les principaux modèles de strophes sont le tercet (trois vers), le quatrain (quatre vers) et le sizain (six vers).

Conclure

Les règles de la versification, bien que parfois très contraignantes, constituent le moyen privilégié par les poètes pour exploiter la musicalité de la langue.