Les règles du théâtre classique

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Classe(s) : 2de | Thème(s) : La tragédie et la comédie au XVIIe siècle : le classicisme
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Les règles du théâtre classique
 
 

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Le théâtre cherche à donner au spectateur l’impression qu’il assiste à une action véritable, et non pas à une simple représentation ; pour parvenir à créer cette illusion et fonder cette vraisemblance, le théâtre classique a progressivement élaboré un certain nombre de règles.

1La vraisemblance

? Les règles élaborées à partir des années 1630 reposent sur ce principe fondamental. L’abbé d’Aubignac le définit même, dans La Pratique du théâtre (1657), comme « l’essence du poème dramatique, et sans laquelle on ne peut rien faire ni rien dire de raisonnable sur la scène ».

? Elle fait que le spectateur considère comme vraie l’action qu’il voit représentée, même s’il sait qu’elle n’est pas réelle. Elle implique que l’action soit rationnelle, et que l’intrigue ait une cohérence générale.

? La célèbre formule de L’Art poétique de Boileau (1674), « le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable », doit donc se comprendre ainsi : il arrive, dans la vie réelle, que le hasard produise des faits incroyables ; le théâtre, quant à lui, ne doit montrer que des événements crédibles.

2Les bienséances

Au xviisiècle, on désigne par « bienséance » le fait que la pièce représentée respecte certains principes de cohérence.

? Le personnage dramatique doit en effet :

ne pas changer de caractère au cours de la pièce?: Rodrigue est héroïque depuis le début du Cid de Corneille jusqu’au dénouement ;

agir conformément à son rang : un roi ne peut recourir à la ruse ou au mensonge comme le ferait un valet de comédie ;

respecter ce que le spectateur sait déjà de lui : sur scène comme dans l’histoire ou la mythologie, Néron est tyrannique et Achille impétueux.

Ces principes sont parfois appelés bienséance interne.

? Une forme de cohérence doit aussi régner entre la scène et la salle : ce qui choquerait dans la vie réelle risque, une fois porté à la scène, de choquer aussi le public du théâtre. Pour cette raison, un certain nombre de réalités sont censées ne pas être représentées directement :

– la violence, et notamment la mort ;

– les réalités corporelles, et notamment sexuelles.

Ces principes sont parfois appelés bienséance externe.

3La règle des trois unités

Pour assurer la vraisemblance de la pièce, les dramaturges classiques tentent de rapprocher ce qui se passe sur scène de ce qui se passe dans la salle ; ils respectent alors la règle des trois unités.

? L’unité de lieu tient au fait que le spectateur de théâtre reste au même endroit pendant le spectacle. Puisqu’il ne change pas de lieu, la scène doit elle aussi représenter un endroit unique, ce qui conduit à privilégier des lieux intermédiaires (le cabinet d’un roi, l’antichambre d’un palais).

? L’unité de temps tient au fait que le temps de la représentation est limité ; celui de l’action théâtrale doit s’en approcher le plus possible. Mais le temps étant une réalité subjective, on considère qu’aux quelques heures de la représentation peuvent correspondre jusqu’à vingt-quatre heures.

? L’unité d’action est la conséquence des deux précédentes ; en un seul lieu, en un jour au plus, seule une action principale peut se dérouler ; les intrigues secondaires s’y rattachent nécessairement. Comme le dit Mairet, « il y doit avoir une maîtresse et principale action à laquelle toutes les autres se rapportent comme les lignes de la circonférence au centre » (Préface de La Silvanire, 1631).

Conclure

Au XVIIsiècle, les règles qui régissent le spectacle théâtral ne sont donc pas des contraintes arbitraires et gratuites : censées favoriser la vraisemblance de la représentation et donc l’intérêt du spectateur, elles stimulent finalement la créativité des dramaturges, qui en tirent parfois des effets saisissants.