Les services secrets soviétiques et américains durant la guerre froide

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Classe(s) : Tle Générale | Thème(s) : Produire et diffuser des connaissances : enjeu politique et géopolitique


Entre 1947 et 1991, les deux blocs se livrent une compétition pour la maîtrise des connaissances, entre contrôle des siennes et ­espionnage de celles de l’adversaire.

I Un enjeu majeur : l’efficacité du renseignement

1  Des structures de renseignement modernes

Aux États-Unis, la politique d’endiguement justifie la restructuration du renseignement. La ­Central Intelligence Agency (CIA) est créée en 1947, complétée en 1952 par la National Security Agency (NSA) chargée des systèmes d’information.

mot clé

Le renseignement est la collecte d’informations, l’analyse qui en est faite et la structure qui en assure le traitement.

En URSS, Staline s’inspire du modèle de la CIA et crée le KGB (Comité pour la sécurité de l’État) en 1954, qui remplace le NKVD. L’Armée rouge a également son service de renseignement, le GRU.

Ces agences sont de véritables armées secrètes : à la fin des années 1980, la CIA compte 30 000 agents officiels et plus de 100 000 agents officieux.

Leurs missions sont très diverses : collecter des renseignements, recruter des informateurs, créer des réseaux, organiser le contre-espionnage, s’infiltrer, organiser des opérations de déstabilisation. Elles alimentent un climat de suspicion permanent, qui connaît son apogée aux États-Unis avec le maccarthysme (1950-1954), où la chasse aux espions devient une obsession.

2  Une priorité absolue

La compétition pousse les États à engager des sommes et des moyens scientifiques considérables. L’information est collectée par tous les moyens, y compris par le recrutement d’anciens nazis (organisation Gehlen).

Des technologies sont inventées ou améliorées pour mieux espionner l’ennemi ou éviter les fuites : micros, systèmes de décryptage, radars, avions furtifs, satellites… Les progrès sont tels que le renseignement technologique, moins coûteux et moins dangereux, remplace peu à peu les moyens humains.

II Espionner l’autre pour remporter la guerre

1  La connaissance, domaine de prédilection de l’espionnage

La guerre froide est une guerre technologique. Le domaine de la recherche est tout de suite ciblé par les agences. Chercheurs et universitaires sont démarchés pour devenir des taupes, parfois dès leurs études (les Cinq de Cambridge). Les secrets de l’atome ont ainsi été espionnés (archives Venona).

La guerre de la désinformation fait rage : les services alimentent la propagande ou diffusent des rumeurs, comme celle lancée par le KGB, encore vivace, de la fabrication du virus du sida par un laboratoire américain.

2  L’espionnage militaire pour connaître l’ennemi

Les installations militaires sont un objectif prioritaire, par des moyens humains – agents infiltrés tels Poliakof, officier du GRU informant la CIA de 1961 à 1986 – ou technologiques – projet de station spatiale habitée en 1963 pour observer les installations militaires soviétiques.

Ces informations permettent certains coups d’éclat, comme les photos ­aériennes des missiles de Cuba (1962). À l’inverse, leur absence signe les plus grandes déconvenues, tel l’échec de l’opération de la baie des Cochons (1961).

3  L’espionnage industriel pour ne pas se laisser distancer

La guerre froide est également une guerre industrielle. Prenant la mesure de son retard, Khrouchtchev crée une « Silicon Taiga » secrète dont les travaux sont alimentés par les fruits de l’espionnage technologique.

À l’Ouest, Vladimir Vetrov, colonel du KGB (nom de code Farewell) livre 3 000 documents industriels et technologiques secrets à la DST de 1981 à 1982, que la France livre aux Américains : la connaissance est un butin de guerre.