Les stratégies argumentatives

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Classe(s) : 2de | Thème(s) : Genres et formes de l’argumentation aux XVIIe et XVIIIe siècles
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Les stratégies argumentatives
 
 

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Pour convaincre son destinataire, le locuteur peut adopter des stratégies très diverses.

1Employer des raisonnements logiques

Lorsqu’on cherche à convaincre son destinataire, plus encore quand on veut démontrer une thèse, on s’appuie sur des arguments rationnels et logiques.

? Le raisonnement par induction part de l’exemple et des faits particuliers pour parvenir à la vérité générale.

? Le raisonnement par déduction procède de façon inverse : il part d’une vérité générale pour justifier une conclusion particulière.

? Cas particulier du raisonnement déductif, le syllogisme fonde une conclusion apparemment irréfutable sur deux propositions données comme vraies, les prémisses.

? Voici un syllogisme célèbre : « Tous les hommes sont mortels [prémisse majeure] ; or Socrate est un homme [prémisse mineure] ; donc Socrate est mortel [conclusion]. »

2S’appuyer sur des arguments d’autorité

? Pour soutenir son argumentation, on peut citer les propos d’une personnalité ou un passage d’un ouvrage dont tout le monde reconnaît l’autorité dans le domaine en question?: on parle alors d’un argument d’autorité.

? L’argument d’autorité peut aussi prendre la forme d’un proverbe ou d’un lieu commun, qui sont censés être l’expression d’une sagesse partagée par tous.

3Utiliser des arguments de mauvaise foi

? On peut tenter de persuader son destinataire en recourant à des arguments de mauvaise foi. Ils n’ont pas de valeur logique, mais donnent une apparence rationnelle au discours. Ce sont donc de faux arguments, qui permettent de dissimuler la faiblesse de l’argumentation.

? Parmi ces arguments de mauvaise foi, on distingue :

– le prétexte, qui invoque une raison inventée pour justifier une décision ou un comportement ; c’est par exemple ce que fait le loup dans la fable de La Fontaine intitulée « Le Loup et l’Agneau » : il prétexte que l’agneau le gêne en buvant dans la même rivière que lui pour justifier sa décision de le dévorer ;

– la tautologie, raisonnement sans fondement, qui se contente de répéter la même idée et relève donc de l’évidence ; exemple, ce slogan publicitaire pour la loterie nationale : « 100 % des gagnants ont tenté leur chance » ;

– l’argumentad hominem, qui consiste à discréditer la personne de l’adversaire plutôt que ses propos et ses arguments. Réfuter les arguments de Rousseau sur l’éducation en arguant du fait qu’il a abandonné ses enfants relève d’un argument ad hominem.

4Prendre en compte la thèse adverse

Une autre stratégie possible consiste à tenir compte des arguments de l’adversaire et à les intégrer dans son raisonnement. Il existe plusieurs façons de le faire.

? Le raisonnement concessif donne raison à l’adversaire sur quelques points, avant de réfuter l’essentiel de son argumentation, comme dans l’exemple suivant : il a certes des facilités, mais il est encore loin de rivaliser avec les meilleurs.

? Le raisonnement par l’absurde fait mine d’adopter la thèse adverse pour en tirer par déduction des conséquences ridicules ; cela permet au locuteur de montrer que l’idée de départ, autrement dit la thèse adverse, est illogique.

? L’ironie prend aussi en compte la thèse adverse : elle feint d’adopter les arguments de l’adversaire pour mieux les tourner en dérision ; c’est par exemple ce que fait Montesquieu dans le passage de L’Esprit des lois intitulé « De l’esclavage des nègres » : il fait semblant de défendre les positions esclavagistes, pour mieux les dénoncer.

Conclure

Les stratégies argumentatives sont très variées?; il faut savoir les repérer, mais aussi pouvoir dire en quoi elles sont adaptées à la thèse défendue par le texte.