Les symbolistes : Mallarmé, Lautréamont, Laforgue

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Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
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Les symbolistes : Mallarmé, Lautréamont, Laforgue

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Le courant symboliste* revêt à la fin du siècle des orientations diverses, qu’il s’agisse d’atteindre la « poésie pure » (Mallarmé), d’exalter le mal (Lautréamont), ou de suggérer un univers mélancolique (Laforgue).

1 Mallarmé (1842-1898) : une esthétique hermétique

A Professeur et poète

Né à Paris, professeur d’anglais et poète, Mallarmé reçoit chaque mardi dans son appartement de la rue de Rome des artistes (Manet, Debussy…) et des jeunes poètes qui voient en lui un maître.

B L’exigence poétique

Le recueil Poésies (1887) rassemble trente-cinq poèmes.

« L’Azur » (1864) traduit le découragement du poète qui désespère d’atteindre la perfection poétique, symbolisée par l’Azur.

« Brise marine » (1865) exprime le désir du poète d’échapper à l’ennui qui pèse sur sa vie.

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.

info Chez les Latins, les faunes sont de petits dieux rustiques vivant dans les bois, protecteurs des troupeaux et des bergers.

« L’Après-midi d’un faune » (1876) évoque la rêverie érotique d’un faune couché sous un olivier. Le poème a inspiré à Claude Debussy son Prélude à l’après-midi d’un faune (1894).

« Le Tombeau d’Edgar Poe » (1877) célèbre la mémoire de l’écrivain américain par un sonnet.

Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change

« Le vierge, le vivace… » présente une réflexion sur l’inspiration et l’écriture poétique : la poésie est une quête douloureuse de l’absolu.

L’essentiel sur…

l’œuvre de Mallarmé

  • Une poésie difficile, chargée de symboles.
  • Une expérience mystique : la poésie, par essence mystérieuse et insaisissable, est réservée aux initiés.

2 Lautréamont (1846-1870) : les séductions du mal

Isidore Ducasse, dit Lautréamont, naît à Montevideo (Uruguay). Venu à Paris pour faire ses études, il y mène une vie misérable et écrit de la poésie. Il meurt de la tuberculose à vingt-quatre ans.

Les Chants de Maldoror (1869) sont un très long poème en prose divisé en six chants. L’énigmatique figure de Maldoror, au nom symbolique (mal d’aurore), escortée d’un bestiaire répugnant (poux, cloportes, serpents…), incarne le mal, principe de son existence et de sa liberté.

Je suis fils de l’homme et de la femme […] j’aurais voulu être plutôt le fils de la femelle du requin […] et du tigre, à la cruauté reconnue : je ne serais pas si méchant.

Les Chants de Maldoror, I, 8

L’essentiel sur…

l’œuvre de Lautréamont

  • Une œuvre de violence et de haine, marquée par une exaltation jubilatoire du mal.
  • Une œuvre visionnaire et provocatrice, emplie d’images insolites qui séduiront les surréalistes.

3 Jules Laforgue (1860-1887) : le mal de vivre

Né à Montevideo, de parents français, il est envoyé à Paris pour faire ses études. À dix-sept ans, seul dans la capitale, il vit dans la pauvreté et se réfugie dans la poésie. Il meurt de la tuberculose à vingt-sept ans.

 Dans Le Sanglot de la terre (1880) et Les Complaintes (1885), le poète exprime sa solitude et son ennui.

Je mange, et bâille, et lis, rien ne me passionne…

Bah ! Couchons-nous. – Minuit. Une heure. Ah ! chacun dort !

Seul, je ne puis dormir et je m’ennuie encor.

« Spleen », Le Sanglot de la terre

 Les poèmes de L’Imitation de Notre-Dame la Lune (1886) sont dominés par la figure blafarde de Pierrot, frère de malheur du poète.

L’essentiel sur…

la poésie de Laforgue

Une irrémédiable tristesse qui tente de se cacher derrière un humour grinçant, des néologismes cocasses (« éternullité », « exisolé »), des expressions triviales.