Lire un roman

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Classe(s) : 1re ES - 1re L - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde
Corpus - | Corpus - 1 Fiche
 
Lire un roman

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Quels liens le lecteur tisse-t-il avec le roman et réciproquement ?

1Le roman et son lecteur

ALe pacte de lecture

 On appelle incipit le tout début du roman. Il a trois fonctions :

– donner des informations (lieu, temps, action, personnages) ;

– susciter l’intérêt (début progressif ou in medias res) ;

– nouer un pacte de lecture entre le narrateur et le lecteur (orientations quant au type de lecture attendu).

 Ce pacte peut être explicite : le narrateur s’adresse directement à son lecteur en lui indiquant les conditions dans lesquelles le récit est raconté par exemple, ou en jouant sur la pitié ou le rire. Il peut aussi être implicite : le nom de l’auteur, le titre, le style, le nom des personnages, la mise en page, etc., créent un horizon d’attente chez le lecteur.

BLe « lecteur modèle »

 Les mots du texte ne prennent sens que si le lecteur possède les connaissances encyclopédiques pour les comprendre.

 Quand il écrit, l’auteur doit donc prévoir un « lecteur modèle » capable de recréer le monde romanesque tel qu’il a lui-même essayé de le construire : il n’écrira pas de la même manière pour un lecteur de dix ans ou de vingt ans.

Donc, prévoir son Lecteur Modèle ne signifie pas uniquement “espérer” qu’il existe, cela signifie aussi agir sur le texte de façon à le construire. Un texte repose donc sur une compétence, mais, de plus, il contribue à la produire.

Umberto Eco, Lector in fabula, Le Rôle du lecteur, 1979.

CUn lecteur actif

 Suivant le genre du roman, le lecteur occupe des postures différentes. Il est enquêteur par exemple quand il lit un roman policier. Pour le roman épistolaire, le lecteur se fait voyeur et partage l’intimité des personnages, de même pour le roman-mémoires.

 Il crée aussi le personnage : il remplit les vides de la narration, il lui donne une épaisseur. En complétant le personnage, il instaure une relation quasi personnelle avec ce dernier.

2Le personnage et son lecteur

AL’identification

 Le lecteur est amené à énoncer un jugement de valeur, à prendre position par rapport au personnage, à éprouver des émotions. On réduit en général celles-ci à l’identification du lecteur au personnage, mais elles peuvent revêtir d’autres formes (la haine, le dégoût…).

 Ce processus implique totalement le lecteur et le fait devenir autre, mettant en marche, comme au théâtre, une sorte de catharsis(>fiche19). Il devient le personnage de roman et il est ainsi conduit à faire un travail sur lui-même, à se demander comment il aurait agi lui aussi dans telle ou telle situation.

BUne distance

 Pour qu’il y ait identification, l’auteur doit s’effacer afin de permettre l’illusion et la projection du lecteur dans le roman comme dans un monde réel.

 Or certains auteurs jouent avec ce code : en intervenant, commentant, maniant l’ironie, ils imposent une distance entre le personnage et son lecteur (par exemple Diderot dans Jacques le fataliste ou Stendhal dans La Chartreuse de Parme).

 Certains romans (Madame Bovary de Flaubert, Don Quichotte de Cervantès) mettent en garde contre l’illusion référentielle qui conduit le lecteur à croire à la réalité de ce qu’il lit.

CContre l’identification

Les auteurs du Nouveau roman (>fiche12), remettent en cause l’ensemble roman-personnage et sa visée réaliste. Dans leur grande entreprise de déconstruction du roman, ils refusent le personnage de type balzacien et interdisent ainsi au lecteur l’entrée dans le roman par la porte de l’identification, quitte à le dérouter et à solliciter un autre type de participation.

Conclure

Il faut retenir que le lecteur, en lisant, participe de la création du texte ; le texte ne se transforme en univers romanesque que par son lecteur.

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