Médias et opinion publique
sur la voie de l’émancipation ?

Merci !

Fiches
Classe(s) : Tle ES - Tle L | Thème(s) : Médias et opinion publique dans les grandes crises politiques en France depuis l'affaire Dreyfus
Corpus - | Corpus - 1 Fiche
 
Médias et opinion publique
sur la voie de l’émancipation ?

FB_Bac_98611_HisT_LES_015

15

37

4

(>dépliant,IàIII)

Comment les progrès techniques et les évolutions de la société de la fin du XXe siècle contribuent-ils à modifier les relations entre opinion publique, médias et pouvoir politique ?

1Voix médiatique et parole contestataire en Mai 68

ALes médias au cœur de la contestation

La radio acquiert un rôle décisif en faisant vivre en direct les affrontements du Quartier latin, avant de faciliter le regroupement des manifestants favorables au général de Gaulle, le 30 mai 1968. Le public est donc rapproché du moment de l’événement.

 Une des revendications principales des contestataires concerne la libération des médias audiovisuels. Regroupés au sein de l’ortf, qui dépend du ministère de l’Information, ceux-ci sont en effet sous le contrôle direct de l’État.

BUne libération de la parole encore fragile

 « Les murs ont la parole » : en couvrant les murs d’inscriptions variées défiant le « Défense d’afficher », les étudiants expriment leur liberté et leur aspiration à vivre autrement. Tout au long du mouvement, affiches, tracts, banderoles témoignent d’une extraordinaire créativité pour dénoncer le conformisme.


citation

« Nous allons nous expliquer directement dans la rue, nous allons pratiquer une politique de démocratie directe. » D. Cohn-Bendit, 1968

 Les médias audiovisuels, tout autant que les médias spontanés qui se sont greffés sur les manifestations, jouent un grand rôle dans la transformation de la crise étudiante en crise sociale et politique.

 Durant près d’un mois, les salariés de l’ortf se mettent en grève, revendiquant une information pluraliste et autonome. Mais le mouvement s’achève sur une reprise en main par le pouvoir, qui se traduit par des sanctions et des licenciements.

2Les enseignements du 21 avril 2002

AUne opinion publique lasse et désabusée

 Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, le 21 avril 2002, sont vécus comme un « séisme politique » : Jean-Marie Le Pen, candidat du Front national, arrive 2e avec 17 % des voix, et accède donc au second tour au détriment du candidat du ps, Lionel Jospin (16 %). Jacques Chirac, le président sortant, est en tête mais rassemble moins de 20 % des voix. Ni les médias ni les sondages n’avaient anticipé de tels résultats.

 Au second tour, Chirac est réélu avec 82 % des voix, ce qui témoigne du refus de l’extrême droite et de l’attachement de la majorité des citoyens aux valeurs de la démocratie.

 Néanmoins, cette crise met en évidence le fossé qui s’est creusé entre les électeurs et la classe politique. L’opinion publique fait de moins en moins confiance aux hommes politiques. L’abstention, en constante augmentation depuis les années 1980, est un autre signe de ce phénomène.

BUne presse discréditée et concurrencée

 Le choc du 21 avril souligne aussi le décalage entre la population et les médias. Parmis ces derniers, certains, dépendants financièrement de bailleurs de fonds privés, tendent à privilégier le scoop ou l’audience sur l’analyse de fond. D’autres sont accusés de collusion avec le pouvoir.

 Encore marginal dans la crise de 2002, Internet prend un vif essor dans les années qui suivent, bouleversant l’accès à l’information et l’expression de l’opinion. Blogs et réseaux sociaux(Facebook, Twitter) permettent à l’information de circuler en dehors des canaux traditionnels et créent des espaces de discussion aussi dynamiques qu’incontrôlables.

Conclure

En « libérant la parole », les étudiants de Mai 68 disaient leur volonté de ne plus être les sujets passifs d’un jeu politique contrôlé par le pouvoir et les grands médias. Pourtant, à partir des années 1990, la méfiance envers les médias et les gouvernants est le symptôme d’une crise larvée du politique, dont le développement d’Internet bouleverse les données.

>>