Mme de Lafayette, La Princesse de Clèves

Merci !

Fiches
Classe(s) : 1re ST2S - 1re STI2D - 1re STL - 1re STMG | Thème(s) : Lafayette, La Princesse de Clèves – Individu, morale et société


Parcours : Individu, morale et société

Publié en 1678, La Princesse de Clèves est considéré comme le premier roman d’analyse psychologique. Mme de Lafayette y évoque les tourments de la passion amoureuse dans le microcosme de la cour d’Henri II, à travers des personnages déchirés entre leur devoir moral et leurs sentiments.

I Connaître l’œuvre

1 L’auteur et le contexte

MOT CLÉ

La préciosité est une tendance littéraire qui se développe au xviie siècle et cherche le raffinement dans le langage et les sentiments.

Femme de lettres renommée, Mme de Lafayette (1634-1693) a fréquenté les salons et s’est liée avec de grands auteurs tels que Mme de Sévigné et La Rochefoucauld. Influencée par la préciosité et passionnée d’histoire, elle a publié plusieurs récits, notamment L’Histoire de la princesse de Montpensier (1662) et Zaïde (1669).

Mme de Lafayette rédige La Princesse de Clèves en pleine époque classique, sous Louis XIV. Cependant, l’intrigue du roman se déroule au siècle précédent, l’année de la mort d’Henri II (1559). La cour de ce roi incarne l’esprit de la Renaissance. Par son raffinement et ses fêtes fastueuses, mais aussi par ses intrigues, elle présente bien des similitudes avec celle du Roi-Soleil.

2 Résumé de l’œuvre

À la cour d’Henri II, Mademoiselle de Chartres, une belle personne éduquée à la vertu par sa mère, fait vive impression. Elle épouse le prince de Clèves, qu’elle respecte mais dont elle ne partage pas les sentiments. Au cours d’un bal, elle rencontre le duc de Nemours : ils tombent sous le charme l’un de l’autre.

Fidèle à son éducation, la princesse fait tout pour combattre sa passion. Par honnêteté, elle avoue à son époux ses raisons de fuir la cour, sans mentionner le nom de celui qui la déstabilise.

M. de Clèves finit par arracher un aveu à sa femme auquel le duc assiste, caché. Sachant qu’il est aimé, le duc cherche en vain à se rapprocher de la princesse. Consumé par la jalousie, M. de Clèves meurt, mais son épouse choisit de lui rester fidèle.

II Comprendre le parcours

1 Maîtriser ses passions

La princesse de Clèves a reçu par son éducation un penchant pour l’honnêteté et la vertu. Une fatalité fait cependant naître dans son cœur un amour interdit. Elle choisit de combattre cette passion et de sacrifier son bonheur personnel à la morale qui lui impose la fidélité à son époux. Elle va même au-delà de ses obligations, à la fois en lui avouant les sentiments coupables qu’elle réprime et en lui restant fidèle après sa mort, ce qui la rend admirable et exemplaire.

Après chaque événement marquant, la romancière détaille les sentiments des personnages qui s’interrogent sur leur trouble et sur la conduite à adopter face à la violence de leur passion. Ces moments d’introspection tissent au fil du roman une analyse psychologique qui permet d’explorer la conscience humaine.

2 Affronter la société de la cour

La cour est présentée comme un univers social dangereux, fait de luttes de pouvoir, de secrets et d’intrigues. Chacun y est constamment observé et doit régler son attitude pour préserver les apparences. Madame de Clèves dissimule ses émotions pour sauver sa réputation : passer pour infidèle aux yeux de la cour est un péril social aussi grand que le péril moral de l’être véritablement.

MOT CLÉ

Un récit enchâssé est un récit dans le récit. L’un des personnages prend la parole pour raconter une histoire.

Le roman contient plusieurs récits enchâssés, relatant les histoires de Madame de Valentinois, de Madame de Tournon, d’Anne de Boulen et du Vidame de Chartres. Ces récits ont une valeur didactique pour la princesse de Clèves, en l’instruisant sur la duplicité des hommes, le caractère trompeur des apparences ou les ravages de la jalousie. Ils l’aident à régler sa propre conduite au sein de la cour.