Molière, L'École des femmes

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Classe(s) : 1re ST2S - 1re STI2D - 1re STL - 1re STMG | Thème(s) : Molière, L’École des femmes – Comédie et satire


Parcours : Comédie et satire

Dès l’Antiquité, la comédie provoque le rire en s’enrichissant parfois d’accents critiques. Au xviie siècle, Molière utilise le registre comique pour dénoncer, à travers des personnages excessifs, les vices individuels et sociaux.

I Connaître l’œuvre

1 L’auteur et le contexte

Molière monte une troupe de théâtre avec laquelle il parcourt les routes de province. Il s’établit ensuite à Paris et obtient la protection de la famille royale. Il séduit la cour avec des pièces comme Les Précieuses ridicules (1659).

À NOTER

La comédie classique fait sienne la devise latine « castigat ridendo mores » : elle châtie les comportements par le rire.

En 1662, sa place est faite : L’École des femmes est un succès éclatant qui marque un tournant dans sa production théâtrale. Elle inaugure le genre de la grande comédie classique, plus profonde que la farce ; Dom Juan, Le Misanthrope et Le Tartuffe suivent au cours des années 1660 et figurent encore parmi les pièces les plus jouées du répertoire classique. Molière a donné à la comédie ses lettres de noblesse.

2 Résumé de l’œuvre

Arnolphe est un riche bourgeois d’âge mûr. Il souhaite se marier, mais craint d’être trompé par son épouse. Afin de se prémunir de ce danger, il a fait élever la jeune Agnès dans un couvent à l’écart du monde, pour la rendre docile, fidèle et ignorante.

Alors qu’Arnolphe rentre de voyage (acte I), il apprend qu’Agnès a rencontré un jeune homme nommé Horace, qui en est passionnément amoureux (acte II). Arnolphe, horrifié par la nouvelle, cherche à les éloigner l’un de l’autre par de multiples stratagèmes.

Après bien des quiproquos et des rebondissements (actes III et IV), et malgré la volonté d’Arnolphe, les deux amoureux se rapprochent inexorablement. Un coup de théâtre final (acte V) libère Agnès du joug de son tortionnaire. Arnolphe est puni pour ses mensonges et ses abus de pouvoir : Agnès épousera Horace.

II Comprendre le parcours

1 La satire au service de la comédie de caractère

Tous les grands personnages de Molière sont monomaniaques : ils font rire par leurs idées fixes. L’avare Harpagon ne pense qu’à sa fortune ; Argan, le malade imaginaire, guette le moindre dysfonctionnement de son corps ; Dom Juan multiplie les conquêtes amoureuses. Dans L’École des femmes, Arnolphe se ridiculise par son obsession du « cocuage ».

Mot clé

Centrée sur la caricature d’un défaut excessif, la comédie de caractère privilégie l’analyse psychologique et morale.

Le spectateur rit de voir ce jaloux malmené : quiproquos et monologues se succèdent et réduisent à néant les précautions d’Arnolphe pour contrôler Agnès. Le spectateur prend le parti des jeunes amoureux, contre un barbon tyrannique et égoïste. Cette comédie de caractère renvoie aux jaloux le miroir de leur propre folie.

Misogyne convaincu de la fourberie des femmes, Arnolphe fait tout pour cultiver l’ignorance d’Agnès, la manipuler et la forcer au mariage. Chrysalde, ami d’Arnolphe, incarne dans la pièce l’idéal de l’« honnête homme » mesuré et raisonnable, fuyant les excès.

2 Le rire au service d’une réflexion sur des questions de société

Les comédies de Molière abordent des sujets brûlants, comme l’influence délétère de religieux sans scrupules (Le Tartuffe), ou le libertinage (Dom Juan).

Les relations entre les sexes font l’objet de vifs débats au xviie siècle. Dans L’École des femmes, le dramaturge raille le fantasme masculin de toute-puissance et invite à réfléchir sur l’éducation féminine et la place de la femme dans la société. Agnès s’émancipe grâce à l’amour sincère. D’abord sotte et ridicule, elle prend conscience de l’oppression exercée par Arnolphe et se libère de son autorité abusive.