Mondialisation et firmes transnationales

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Classe(s) : Tle ST2S | Thème(s) : Mondialisation et firmes transnationales

Mondialisation et firmes transnationales

Les firmes ou entreprises transnationales (ce terme remplace aujourd’hui celui de multinationales) sont un des acteurs de la mondialisation. Quel est leur rôle ? Comment organisent-elles l’espace ?

1Les acteurs de la mondialisation


Pièges et difficultés

Définir le sujet

Une firme transnationale (FTN) est une entreprise présente simultanément dans plusieurs États tout en gardant un fort ancrage national, et qui dégage un chiffre d’affaires d’au moins 500 millions de dollars. Ces firmes mènent des stratégies globales à l’échelle planétaire contribuant à l’interdépendance des États, des régions, des capitaux, des idées et des hommes.

A Les multinationales sont un des principaux acteurs de la mondialisation


Leur rôle date de la fin des années 1970. Il s’est accentué avec la chute de l’URSS qui a agrandi leur espace géographique. Auparavant, aux xvie et xviiie siècle, la mondialisation s’était appuyée sur les grandes découvertes et le capitalisme marchand, puis, au xixe siècle sur la révolution industrielle et la colonisation.

En 2011, la conférence des Nations-Unies pour le développement (Cnuced) recense environ 103 000 firmes multinationales. Elles sont présentes dans tous les domaines de l’économie ; elles emploient environ 69 millions de salariés à l’étranger, réalisent 57 % du PIB mondial, le tiers de la production et les deux tiers du commerce international.

Elles sont principalement originaires d’Amérique du Nord, d’Europe occidentale et du Japon. Mais, depuis les années 2000, il y a de plus en plus de FTN en provenance des pays émergents, comme par exemple en Inde : Tata, Mittal, ou en Chine, devenue la première puissance industrielle mondiale : Lenovo, Cosco.

D’autres acteurs jouent un rôle dans la mondialisation. Ainsi, les ONG défendent les droits de l’homme, les causes humanitaires et l’environnement à l’échelle de la planète et contribuent à des transferts d’argent et d’idées.

Des acteurs illégaux œuvrent principalement au sein d’espaces de non-droit (paradis fiscaux, micro-états, zones franches) en développant des trafics d’armes, de drogues, de contrefaçon, ou de personnes (prostitution, clandestins).

B Le rôle des multinationales est facilité


Par les institutions

– Les États leur offrent des avantages financiers et fiscaux (zones franches).

– Les grandes associations économiques et les marchés communs (par ex. : UE, ALENA, MERCOSUR) impulsent les échanges intra-zones et avec l’extérieur.

– Les organisations internationales prônent la libération des échanges et la déréglementation, comme le FMI, la Banque mondiale ou l’OMC qui, depuis 1995, réglemente le commerce international entre ses 160 États membres.

Par l’amélioration des moyens de communications. Les FTN utilisent des transports rapides (avion, TGV) ou de grande capacité (avion-cargo, porte-conteneurs et pétroliers gigantesques). Elles bénéficient d’informations en temps réel (communications téléphoniques, messagerie électronique, vidéotransmission) grâce aux liaisons par satellite.

2Les FTN à l’origine d’une géographie de l’interdépendance

A Elles mettent le monde en réseaux


Les têtes de réseaux situées dans les grandes métropoles et particulièrement dans leurs centre d’affaires (CBD), correspondent aux sièges sociaux des FTN. Elles concentrent les activités de commandement. Leurs stratégies consistent à se doter d’une organisation productive construite sur une base planétaire pour conquérir de nouveaux marchés.

Les FTN s’appuient sur leurs établissements de production (environ 900 000 filiales) délocalisés en partie dans des États qui présentent des avantages en termes de coût de main-d’œuvre, de fiscalité, de savoir-faire, de stabilité politique et d’envergure du marché de consommation. Ces établissements peuvent être déplacés en fonction des opportunités qui s’offrent à eux et ils sont complétés par une myriade de sous-traitants et d’entreprises de services où sont externalisées certaines opérations de gestion (comptabilité par exemple).

Elles s’appuient sur les places financières dont elles ont besoin pour connaître l’état des marchés : New York, Londres, Tokyo mais aussi Shanghai. Les données financières sont consultables en temps réel sur toutes les places financières du globe.

Elles s’appuient sur les réseaux de personnes : réseaux sociaux, diasporas (par ex. : la diaspora chinoise représente 40 millions de Chinois outre-mer).

Elles s’appuient enfin sur les nœuds de transports dont elles ont besoin pour acheminer matières premières et produits fabriqués.

B Elles organisent des flux


Ces flux ont explosé et se sont diversifiés

Flux de marchandises. Les firmes transnationales achètent énergie et matières premières souvent auprès des pays pauvres ou des pays émergents, fabriquent dans des pays à bas coût et exportent vers des États à fort pouvoir d’achat.

Flux financiers. Aux investissements des FTN s’ajoutent ceux des banques, des particuliers, des fonds d’investissements.

Flux d’informations, en liaison avec la bonne marche de l’entreprise mais aussi avec les techniques (transferts de technologies).

Flux de personnes, par le biais de recherche de main-d’œuvre qualifiée ou non.

Les principaux flux ont une direction Nord-Nord, mais les liens entre les États du Sud tendent à se renforcer (Chine, Inde, Afrique noire).

Un exemple : Toyota, le Japon et le monde

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C Un système mondial en archipel


Les firmes transnationales créent l’interdépendance. Elles rendent les États, les régions, les capitaux, les idées, les hommes interdépendants.

Elles hiérarchisent les territoires. Les États du Nord restent prédominants. Spécialisés dans des activités à haute valeur ajoutée et dans les services, ils ont à leur tête les villes globales ou grandes métropoles de la Triade qui entretiennent entre elles d’âpres concurrences. Les autres territoires sont complémentaires des premiers. Les « pays ateliers » fabriquent des produits manufacturés à faible valeur ajoutée alors que les pays émergents s’orientent vers des productions plus innovantes.

Cependant, elles laissent des territoires à l’écart de leurs connexions. Ce sont les périphéries ou angles morts. Il n’y a donc pas de véritable marché mondial.

3Sujet d’étude n° 1 : Les migrations internationales


En assurant l’interdépendance des États, les migrations internationales sont des éléments clés de la mondialisation. Comment s’organisent ces flux ? Quelles inégalités révèlent-ils ?

A Les migrations internationales ont triplé en quarante ans


3,2 % de la population mondiale (contre 2,9 % en 1990) vit en dehors de son pays d’origine, soit 232 millions de personnes, mais ce chiffre ne tient pas compte des migrants illégaux. Ces déplacements sont facilités par les réseaux de personnes et les diasporas (par ex. : la diaspora chinoise est présente dans 100 États).

Est considéré comme migrant international toute personne vivant à l’étranger depuis plus d’un an. Cette définition exclue donc les migrations de travail de très faible durée, par exemple les migrations frontalières et les migrations touristiques.

Les raisons de ces déplacements sont multiples : la pression démographique (population trop nombreuse par rapport aux ressources locales), les difficultés économiques (pauvreté), les crises politiques (guerres, absence de démocratie, discrimination des minorités), les désastres écologiques (sécheresses, inondations, tsunamis) poussent les personnes à quitter leur pays d’origine. Les réfugiés représentent 7 % des migrants internationaux.

B Les acteurs : les personnes et les États


Les candidats à l’émigration sont extrêmement diversifiés. Toutefois, les hommes jeunes sont particulièrement concernés. Dans le monde, les migrants de moins de 20 ans avoisinent les 35 %. Les migrations de travail touchent majoritairement les hommes et plus spécialement ceux de 30-35 ans.

L’émigration concerne le monde entier

– Le Sud : les migrations Sud-Nord touchent 62 millions de personnes. Il s’agit de déplacements depuis l’Asie, l’Afrique, les Caraïbes et leurs bordures. Les migrations Sud-Sud sont en augmentation et se complexifient depuis les révolutions arabes. Elles concernent 96 millions de personnes. Il s’agit de flux régionaux liés au travail (exemple : les Asiatiques vers les pays pétroliers du Moyen-Orient) mais aussi de mouvements de réfugiés (guerres, problèmes écologiques).

– Le Nord : les migrations Nord-Nord portent sur 53 millions de personnes (étudiants, travailleurs très qualifiés particulièrement). Les migrations Nord-Sud sont minoritaires (aide humanitaire, migrations de personnes liées aux délocalisations d’entreprises).

Les pays d’accueil sont principalement situés au Nord. 136 millions de migrants internationaux y résident. Les États-Unis sont le premier État d’immigration du monde (46 millions de migrants internationaux) suivis par la Russie (11 millions), l’Allemagne (9,8 millions), l’Arabie saoudite (9,1 millions), les EAU et le Royaume-Uni (7,8 millions chacun), la France (7,5 millions).

La mondialisation des mouvements migratoires

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C Les enjeux des migrations internationales


Pour les pays de départ. Les migrations internationales sont à l’origine de transferts financiers substantiels (en 2011, 351 milliards de dollars), ce qui constitue une importante source de revenus d’abord pour les familles et, dans un second temps, pour les États. Les migrations sont aussi sources de transferts technologiques et culturels. Parallèlement, ces migrations sont à l’origine, pour les États du Sud, de dépendance et d’amputation de leurs forces vives (le tiers des Africains diplômés d’études supérieures travaille en dehors de son pays d’origine).

Pour les pays d’accueil. L’immigration n’est pas toujours bien ressentie (par exemple : les Roms actuellement en France, les migrants d’Afrique du Nord en Allemagne), bien qu’elle pallie le vieillissement de la population et les besoins de main-d’œuvre dans certains domaines (ouvriers non spécialisés mais aussi travailleurs très qualifiés).

4Sujet d’étude n° 2 : Transports et routes maritimes


L’espace maritime est aujourd’hui au cœur de la mondialisation et des stratégies des puissances. Comment s’organise-t-il ?

A L’essor du trafic maritime


En 2013, presque 9,2 milliards de tonnes de marchandises sont échangées par voie maritime. Sur les océans passent 60 % du trafic mondial de marchandises en valeur et 75 % en volume. Ce trafic a plus que doublé entre 1990 et 2010 et augmente encore de plus de 4 % en 2012. Il connaît toutefois de fortes fluctuations, conséquences de la situation économique mondiale.

Le vocabulaire des transports maritimes

• Conteneurisation : transport par caisses métalliques de dimension standard.

• Intermodalité : pratique qui combine plusieurs modes d’acheminement utilisés successivement, par exemple le ferroutage (combinaison rail-route).

Plus vite, plus lourd, plus loin. L’essor du trafic est lié à l’augmentation de la production mondiale et à la hausse du prix des matières premières. Il est lié également aux modes de production (division internationale du travail), à l’abaissement du coût des transports (augmentation de la taille des navires, conteneurisation, intermodalité) et à celui des droits de douane.

B Les acteurs du trafic maritime


Une participation plus importante des pays émergents. Entre 1970 et 2010, la part des pays en développement dans le volume des marchandises transportées par voie maritime est passée de 18 % à presque 60 %. On peut constater en particulier un boom spectaculaire de l’Asie en général et de la Chine en particulier.

Ce sont les trafics Sud-Sud qui connaissent les dynamiques les plus fortes.

Une flotte mondiale très concentrée. 5 États sont propriétaires de 53 % du tonnage mondial (la Grèce : 16,25 % ; le Japon : 15,75 % ; la Chine : 8,96 %, l’Allemagne, la Corée) et 35 États en contrôlent 96 %. Parmi ces derniers, 18 sont des États développés et 16 des États en développement. 16 sont situés en Asie, 15 en Europe et 4 aux États-Unis.

Cette flotte travaille souvent sous pavillon de complaisance, c’est-à-dire, pour des raisons fiscales, sous pavillon d’États qui n’ont pas ou guère d’activité maritime propre (Panama, Liberia, Bahamas, Malte, Îles Marshall, Chypre…).

Les transporteurs maritimes (armateurs) sont européens (le Danois APM Maersk, l’Italien-Suisse Méditerranéan Shipping Co, le Français CMA-CGM) ou asiatiques (le Taïwanais Evergreen et le Chinois Cosco).

C Les autoroutes de la mer


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Les autoroutes de la mer font le tour de la Terre. Le Pacifique occidental est devenu, depuis les années 1990, le principal espace maritime mondial devant l’Atlantique Nord. La navigation emprunte des passages obligés stratégiques (35 000 navires par an empruntent le canal de Suez).

Un nombre réduit de nœuds (ou « hubs ») concentre les flux maritimes. Les grands ports sont des espaces fortement aménagés (ports en eau profonde, quais, portiques, espaces de sto­ckage) disposant de liaisons rapides avec leur hinterland dynamique. Les zones industrialo-portuaires (ZIP) attirent des activités industrielles et tertiaires et cela contribue à la littoralisation de l’économie. Aujourd’hui, les trafics de Ningbo (810 millions de tonnes en 2013), de Shanghai (776 millions de tonnes), de Singapour (560), Tianjin (500), Guangzhou (455) ont dépassé celui de Rotterdam.

Des routes maritimes sous la menace de :

la saturation. Certaines routes (rail de la Manche) et ports (ceux de la côte ouest des États-Unis qui accueillent des marchandises chinoises ensuite redistribuées vers l’Europe) sont à la limite de la congestion. Certains passages comme le canal de Panama ne sont pas adaptés au gigantisme des navires et doivent être agrandis ;

la piraterie. Les détroits sont particulièrement exposés : détroit de Malacca ; golfe d’Aden sous la menace de pirates somaliens ; détroit d’Ormuz, par où transitent 35 % du trafic maritime mondial de pétrole,sous le contrôle de l’Iran ;

la pollution. Les démazoutages clandestins, les accidents font courir d’importants risques écologiques à la planète.